Les présidents des Etats-Unis et le monde : 1947-1989 (2ème partie)

Publié le 14 Juin 2016

Pour compléter vos révisions, nous vous proposons un bref rappel des différentes stratégies diplomatiques mises en oeuvre par les présidents américains successifs. Ces "doctrines", qui ont déterminé la nature des relations entre les États-Unis et le monde depuis le milieu du XIXème siècle, témoignent des enjeux et des évolutions de la politique extérieure américaine ainsi que des grands courants de pensée qui la fondent :

- opposition entre interventionnisme et isolationnisme

- opposition entre réalisme et idéalisme

- opposition entre unilatéralisme et multilatéralisme

Source principale : http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/usa/usa1.htm

 

- Truman et l'endiguement (« containment ») (1947-1953)

 

Face à la montée en puissance de l'URSS, qui profite des bouleversements de l'après-guerre pour diffuser son modèle idéologique en Europe de l'est, le président américain Harry Truman réagit en définissant une nouvelle stratégie diplomatique. En mars 1947, il persuade le Congrès de la nécessité d'accorder des budgets pour apporter une assistance militaire et financière aux États risquant de basculer dans l'orbite russe. Inspirée par les idées du diplomate George Kennan, Truman met dés lors un terme à l'idéalisme rooseveltien et met en œuvre une politique réaliste pour contrer l'expansionnisme soviétique : l'endiguement (« containment »), qui repose principalement sur les aides économiques accordées aux pays en reconstruction, notamment le plan Marshall en Europe (juin 1947) et le plan Dodge au Japon (1949). Mais c'est aussi dans cette logique que furent signées un grand nombre d'alliances militaires et diplomatiques (la « pactomanie ») comme le pacte de Rio (1947), l'OTAN (1949) ou encore l'ANZUS (1951) et que les États-Unis intervinrent lors de la 1ère crise de Berlin (juin 1948-mai 1949) et dans la guerre de Corée entre 1950 et 1953. En juin 1947 les soviétiques répondent à la « doctrine Truman » par la doctrine Jdanov : la Guerre Froide est « officiellement » lancée!

 

Dessin de presse à propos de la doctrine Monroe (1947)

 

« Au moment présent de l'histoire du monde, presque toutes les nations se trouvent placées devant le choix entre deux modes de vie. Et, trop souvent, ce choix n'est pas un libre choix. Un genre de vie est basé sur la volonté de la majorité et se caractérise par de libres institutions, par un gouvernement représentatif, par de libres élections, par des garanties de liberté individuelle, de liberté de parole et de religion, et par la protection contre la répression policière. Le deuxième genre de vie est basé sur la volonté d’une minorité imposée par la force à la majorité. Il repose sur la terreur et l’oppression, une presse et une radio contrôlées, des élections truquées et la suppression des libertés personnelles… Je crois que les Etats-Unis doivent soutenir les peuples libres qui résistent à des tentatives d’asservissement par des minorités armées ou des pressions venues de l’extérieur… Je crois que nous devons aider les peuples libres à forger leur destin de leurs propres mains. Je crois que notre aide doit consister essentiellement en un soutien économique et financier indispensable à la stabilité économique et à une vie politique cohérente. »

Harry Truman devant le Congrès le 12 mars 1947

 

- Stratégie du refoulement (« Roll Back ») et doctrine Eisenhower (1953-1961)

 

La stratégie du « roll back » est mise au point par Eisenhower et son futur secrétaire d’État John F. Dulles lors de la campagne présidentielle de 1952. Pour le candidat républicain il ne s'agit plus seulement de contenir les communistes mais de les refouler et de rétablir la démocratie (comme les États-Unis entendent le faire en Corée du nord). Une fois élu cependant, Eisenhower ne mettra jamais véritablement en œuvre cette stratégie et poursuivra la politique d'endiguement de son prédécesseur. Il intervient par exemple au Vietnam en 1955 au nom de la « théorie des dominos », craignant qu'en tombant entre les mains des communistes, le Vietnam n'entraine ses voisins dans sa chute. Il expose également dés 1954 la doctrine militaire élaborée par J.F. Dulles, surnommée doctrine des « représailles massives ». Celle-ci, qui témoigne de la supériorité des États-Unis en terme d'armement au début des années 1950, prévoit une riposte nucléaire massive, sans préavis et sans retenue contre l'URSS en cas d'attaque contre un des membres du bloc américain.

C'est toujours dans une logique de « containment » qu'Eisenhower énonce en 1957 une nouvelle politique diplomatique au Moyen-Orient, région éminemment stratégique pour les États-Unis. Inquiet de l'influence grandissante de l'URSS et du prestige croissant de Nasser à la suite de la crise du canal de Suez (1956), « Ike » demande au Congrès l'autorisation d'apporter une aide financière ou militaire pour sécuriser et protéger l'intégrité territoriale et l'indépendance politique d'un pays du Moyen-Orient réclamant de l'aide contre une agression armée provenant d'un pays contrôlé par le « communisme international ».

 

La théorie des dominos

 

"Tout d’abord, vous avez la valeur particulière d’un lieu en raison de ses productions matérielles dont le monde a besoin. Ensuite, il faut prendre en compte le risque qu’un nombre considérable d’être humains puisse passer sous la domination d’une dictature hostile au monde libre. Enfin, il y a des considérations plus générales qui pourraient suivre : vous pourriez les résumer dans le principe de la « chute des dominos ». Vous avez une rangée de dominos, vous faites tomber le premier, et il est certain que ce qui va arriver au dernier va venir très vite. Ainsi, vous pourriez avoir le commencement d’une désintégration qui aurait les influences les plus profondes. (…)

Finalement, compte tenu de sa position géographique, la perte de l’Indochine aurait de multiples conséquences. Elle toucherait ce qu’on appelle le chaîne insulaire de défense qui s’étend du Japon vers le Sud en passant par Formose et les Philippines ; elle étendrait la menace [communiste] à l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Sur le plan économique, cette perte priverait le Japon d’une zone commerciale dont il ne peut se passer et l’obligerait ainsi à commercer avec les seules régions communistes.

Vous le voyez, les conséquences possibles de la perte de l’Indochine pour le monde libre sont tout simplement incalculables."

Dwight D. Eisenhower, conférence de presse, avril 1954

 

- La politique pragmatique des démocrates wilsoniens Kennedy et Johnson (1961-1969)

 

Plutôt acquis à l'idéalisme wilsonien, les présidents John F. Kennedy (1961-1963) et Lyndon Johnson (1964-1969) sont contraints par la Guerre Froide de mener une politique extérieure pragmatique. Kennedy adopte ainsi en 1962 la théorie de la « riposte graduée » du secrétaire à la défense Robert McNamara. Suite au progrès de l'URSS dans les domaines de l'aérospatiale et de l'armement, Les États-Unis ne peuvent en effet plus suivre la stratégie des représailles massives de Dulles et la remplace par celle définie par McNamara. Celle-ci prévoit que l'arme nucléaire américaine ne sera utilisée qu'aune fois épuisées toutes les autres solutions diplomatiques ou militaires et le sera avec plus ou moins de puissance suivant le niveau de menace présent. Elle est mise en œuvre la première fois lors de la crise de Cuba en octobre 1962. De son côté, Johnson poursuit l'engagement de troupes américaines au Vietnam entamé par son prédécesseur et envahit la République Dominicaine en 1965 pour contrer la mise en place d'une dictature communiste ("doctrine Johnson").

 

Kennedy, Khrouchtchev et la menace nucléaire (crise de Cuba, 1962). Dessin de presse de H. Block

 

« Notre politique a été marquée par la patience et la réserve. Nous avons fait en sorte de ne pas nous laisser distraire de nos objectifs principaux par de simples causes d’irritation ou des actions de fanatiques. Mais aujourd’hui il nous faut prendre de nouvelles initiatives - c’est ce que nous faisons et celles-ci ne constitueront peut-être qu’un début. Nous ne risquerons pas prématurément ou sans nécessité le coût d’une guerre nucléaire mondiale dans laquelle même les fruits de la victoire n’auraient dans notre bouche qu’un goût de cendre, mais nous ne nous déroberons pas devant ce risque, à quelque moment que nous ayons à y faire face. (...)

  • Premièrement : Pour empêcher la mise en place d’un dispositif offensif, une stricte"quarantaine" sera appliquée sur tout équipement militaire offensif à destination de Cuba. (...)

  • Deuxièmement : J’ai donné des ordres pour que l’on établisse une surveillance étroite, permanente et plus étroite de Cuba et la mise en place d’un dispositif militaire. (...)

  • Troisièmement : Toute fusée nucléaire lancée à partir de Cuba, contre l’une quelconque des nations de l’hémisphère occidental, sera considérée comme l’équivalent d’une attaque soviétique contre les Etats-Unis, attaque qui entraînerait des représailles massives contre l’Union soviétique. (...)

  • Cinquièmement : Nous avons demandé ce soir la convocation immédiate de l’organisme de consultation des Etats américains, afin de prendre en considération cette menace à la sécurité du continent (...). Nos autres alliés de par le monde ont également été prévenus.

  • Sixièmement : Conformément à la Charte des Nations unies, nous demandons ce soir une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité afin de répondre à la plus récente menace soviétique à la paix du monde. La résolution que nous nous proposons de soumettre consiste à prévoir le démantèlement rapide et le retrait de toutes les armes offensives de Cuba, sous le contrôle d’observateurs de l’ONU, avant que l’embargo ne puisse être levé.

  • Septièmement et finalement : Je fais appel à M. Khrouchtchev afin qu’il mette fin à cette menace clandestine, irresponsable et provocatrice à la paix du monde et au maintien de relations stables entre nos deux nations. Je lui demande d’abandonner cette politique de domination mondiale et de participer à un effort historique en vue de mettre fin à une périlleuse course aux armements et de transformer l’histoire de l’homme. (...)

Le prix de la liberté est toujours élevé, mais l’Amérique a toujours payé ce prix. Et il est un seul chemin que nous ne suivrons jamais : celui de la capitulation et de la soumission. (...)

Notre but n’est pas la victoire de la force mais la défense du droit. Il n’est pas la paix aux dépens de la liberté, mais la paix et la liberté dans cet hémisphère et, nous l’espérons, dans le monde entier. Avec l’aide de Dieu, nous atteindrons ce but. »

Extrait du discours télévisé du président Kennedy, le 22 octobre 1962.

 

- La réalisme diplomatique de Nixon et Ford (1969-1977)

 

A la fin des années 1960, le nouveau président républicain se trouve confronté à plusieurs défis (enlisement au Vietnam, crise du dollar, affaiblissement de l'économie américaine...) qui le conduisent à modifier la stratégie diplomatique de son pays. Avec son secrétaire d’État Henry Kissinger, il établit une politique extérieure qui met de côté l'aspect idéologique au profit d'un réalisme dans la droite ligne de T. Roosevelt.Tout en poursuivant la stratégie de l'endiguement par un soutien financier et matériel accordé aux États agressés, Nixon décide de réduire l'engagement militaire des États-Unis dans le monde, comme au Vietnam à partir de 1973. Son mandat est surtout marqué par la rapprochement stratégique qu'il entreprend avec la République Populaire de Chine de Mao à partir de 1972 (entamé par la fameuse « diplomatie du Ping-Pong ») et par la signature des accords de désarmement SALT 1 (1972). L'administration Nixon renforce malgré tout son influence sur sa « chasse-gardée » latino-américaine en s'alliant à des régimes autoritaires comme de celui du général Pinochet à partir de 1973 (la CIA ayant contribué au renversement du président Salvador Allende). Après le scandale du Watergate et la démission de Nixon, Gerald Ford (1974-1977) poursuit dans la même voie en conservant Kissinger à la tête de la politique étrangère du pays. Il est ainsi à l'origine de la signature des accords d’Helsinki en 1975, fondant la Conférence sur la Sécurité et la coopération en Europe (CSCE) à laquelle participent l’URSS et les États-Unis.

 

La diplomatie du ping-pong : Zou Enlai et Richard Nixon "se jouent" de Tchang Kaï Chek

 

« (...) Je pense qu’une des faiblesses de la politique étrangère américaine est que trop souvent nous réagissons plutôt précipitamment aux événements quand ils se produisent. Il nous manque la perspective et la vision à long terme qui est essentielle pour une politique qui soit viable. (...)

Je crois que le temps est venu pour les États-Unis, dans leurs relations avec tous leurs amis asiatiques, de mettre l’accent sur deux points : un, nous maintiendrons nos engagements définis par traité (...) ; mais, deux, dans la mesure où il s’agira de problèmes de sécurité interne, de problèmes de défense militaire, sauf en cas de menace d’emploi des armes nucléaires par une grande puissance, les États-Unis feront en sorte et ont le droit de compter que ces problèmes seront de plus en plus pris en charge et relèveront de la responsabilité des nations asiatiques elles-mêmes. (...)

Je veux être sûr qu’à l’avenir notre politique dans le monde entier, en Asie, en Amérique latine, en Afrique et ailleurs, réduira les interventions américaines. Une politique d’assistance, oui, d’assistance pour les aider à résoudre leurs propres problèmes, mais sans que nous fassions nous-même le travail, simplement parce que c’est le moyen le plus facile. (...) »

Richard M. Nixon, « Remarques informelles à Guam avec des journalistes », 25 juillet 1969,

 

- Jimmy Carter et le retour de la morale (1977-1981)

 

Avec l'arrivée au pouvoir du démocrate Jimmy Carter, la politique extérieure des États-Unis se fonde à nouveau sur la promotion et la défense des droits de l'homme et s'éloigne du même coup de la « realpolitik » menée par le duo Nixon/Kissinger. Carter met ainsi fin au soutien apporté par les États-Unis aux dictatures latino-américaines (Nicaragua, Argentine...) et mène une vigoureuse campagne d'appel au boycott des Jeux Olympiques d'été organisés à Moscou en 1980. Malgré quelques succès, comme la signature des accords SALT II avec Léonid Brejnev en 1979 (qui ne seront toutefois jamais ratifiés) et surtout les accords de Camp David (1978) qui débouchent sur le traité de paix israélo-égyptien (entre M. Begin et A. el Sadate en 1979), la présidence Carter est surtout marquée par le recul de l'influence américaine dans le monde : le Shah d'Iran allié des États-Unis est renversé par la Révolution Islamique en 1979, l'URSS envahit l'Afghanistan la même année, les Sandinistes chassent le général Somoza au Nicaragua... En réaction, Carter énonce en 1980 une nouvelle doctrine pour protéger les intérêts américains au Moyen-Orient. Il opère ainsi un retour à la stratégie de l'endiguement et s'inscrit également dans la continuité de la doctrine Eisenhower en affirmant que toute tentative de gagner le contrôle de la région du Golfe provoquera des représailles américaines. A noter que J. Carter recevra le prix Nobel de la paix en 2002 après des années d'activisme en faveur de la paix et des droits de l'homme.

 

Dessin de presse caricaturant la politique des "bons sentiments" de Carter

 

« Je voudrais vous dire quelques mots au sujet du président Carter. À mon avis ses échecs tiennent au fait qu’il a voulu être trop bon, et qu’il a pensé qu’il suffisait d’être bon pour que les autres le soient également. »

Interview de R. Nixon, printemps 1981

 

- Reagan : « America is Back » contre « l'empire du mal » (1981-1989)

 

Le républicain Ronald Reagan est élu à la présidence en 1981. Sa nouvelle doctrine se résume à son slogan de campagne : « America is Back » ! Bien qu'employant des termes manichéens pour convaincre les citoyens américains (il désigne l'URSS comme « l'empire du mal »), sa politique internationale réussit à faire la synthèse complexe des courants réaliste et idéaliste pour contrer l'influence soviétique. D'un côté il revient à l'interventionnisme yankee en finançant et en armant des opposants au communisme (comme les Contras au Nicaragua ou les Moudjahidines en Afghanistan) et relance la course à l'armement avec l'Initiative de Défense Stratégique (IDS, 1983), surnommée programme « Star Wars », qui oblige l'URSS à accroitre ses dépenses militaires alors que son économie est exsangue. D'un autre côté, il cherche à redonner aux États-Unis sa vocation de défenseur et de promoteur de la démocratie et du capitalisme libérale. Il soutient par exemple les dictatures de droite qui, selon la doctrine formulée par Jeanne Kirkpatrick, seraient capables de s’auto-réformer au point de se transformer en démocraties libérales (à l'inverse des dictatures de gauche !). Il élabore ainsi une « morale stratégique » permettant de combattre à la fois pour la démocratie dans le monde et pour la préservation des intérêts des États-Unis. Ronald Reagan fait surtout chuter l'URSS, mettant un terme à la Guerre Froide et faisant des Etats-Unis la seule "hyperpuissance" dominant un "Nouvel Ordre Mondial".

 

« Nous ne mettrons jamais en péril nos principes et nos critères moraux. Nous n’abdiquerons jamais notre liberté. Nous n’abandonnerons jamais notre croyance en Dieu. Et nous ne cesserons jamais de rechercher une paix véritable. Mais les prétendues solutions prônées par certains et qui passeraient obligatoirement par le gel nucléaire ne nous permettent pas de défendre ces idées essentielles à l’Amérique. La vérité est que décréter le gel aujourd’hui serait une tromperie dangereuse, car il ne s’agirait que d’une illusion de paix. La vérité, c’est que nous devons rechercher et trouver la paix par la force.(...)

L’Histoire nous apprend que prendre nos désirs pour des réalités et rechercher naïvement la conciliation avec nos adversaires n’est que folie. Cette attitude reviendrait à trahir notre passé et à dilapider notre liberté. En conséquence, je vous encourage à vous élever contre ceux qui chercheraient à placer les Etats-Unis dans une position d’infériorité militaire et morale. Et, lorsque vous débattez des propositions de gel nucléaire, je vous exhorte à vous défier de la tentation de l’orgueil, de cette tentation qui consisterait à vous décréter allégrement au-dessus de la bataille, à décider que les deux camps sont également coupables, à ignorer les faits de l’Histoire et les pulsions agressives de l’Empire du Mal, à vous contenter de dire que la course aux armements n’est qu’un vaste malentendu et par là même à vous soustraire au combat entre le juste et le faux, le bien et le mal. (...) Je crois que nous relèverons le défi. Je crois que le communisme n’est qu’un chapitre supplémentaire, triste et bizarre, de notre Histoire dont les dernières pages sont entrain de s’écrire sous nos yeux. »

R. Reagan, discours d’Orlando devant la convention annuelle de l’Association nationale des Évangélistes, 1983

 

 

 

Rédigé par Team Histoire-Géo

Publié dans #cours histoire

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