Gouverner la France depuis 1946 - Vocabulaire

Publié le 6 Novembre 2016

Gouverner la France depuis 1946 - Vocabulaire

 

Pour compléter le cours sur "gouverner la France depuis 1946", voici les définitions de quelques termes et notions essentiels sur le sujet.

 

 

Administration : l'origine latine du terme (administrare) signifie « aider, fournir ou diriger ». Aujourd'hui, l'administration désigne l’ensemble des services chargés d’assurer le fonctionnement d’un État, d’une collectivité territoriale ou d’un service public. On distingue l’administration centrale (celle de l'Etat) de l'administration locale (commune, département, région).

 

Alternance : passage du pouvoir d'une tendance politique à une autre (de la droite à la gauche ou l'inverse) à la suite d'une élection présidentielle ou législative. La 1ère alternance a eu lieu en 1981 avec l'arrivée au pouvoir du socialiste F. Mitterrand.

 

Bipolarisation  politique : division du paysage politique en deux grands ensembles de partis politiques, la gauche et la droite. En France, la bipolarisation apparait avec la Vème République et la mise en place du scrutin majoritaire.

 

Centralisation : Type d'organisation étatique dans lequel l'autorité centrale détient la totalité des pouvoirs de décision en matière politique, administrative et financière, les autorités locales étant entièrement dépendantes. La centralisation se traduit par une volonté unique, celle de l'État, qui se transmet jusqu'aux extrémités du pays, imposant une administration fortement unifiée et hiérarchisée. En outre, la centralisation est également géographique, toutes les décisions étant prises dans un même lieu. Jusqu'au années 1980, la capitale parisienne concentrait ainsi la grande majorité des organes de décisions et de pouvoir (Élysée, Matignon, Assemblée nationale et Sénat, ministères...), les échelons inférieurs du maillage administratif ne disposant pas de compétences réelles et ne constituant que des cadres d'application.


 

La cohabitation Mitterrand-Chirac vue par Plantu (Le Monde)

 

Cohabitation : situation dans laquelle le président n'est pas de la même tendance politique que le 1er ministre (et son gouvernement) issu de la majorité parlementaire. La France a connu 3 périodes de cohabitation sous la Vème République :

  • 2 sous la présidence de F. Mitterrand, entre 1986 et 1988 avec J. Chirac (RPR) comme 1er ministre puis entre 1993 et 1995 avec E. Balladur (UPF)

  • 1 sous la présidence de J. Chirac avec L. Jospin (PS) comme 1er ministre entre 1997 à 2002.

 

Collectivité territoriale : structure administrative infra-étatique (communes, départements, régions) qui exerce sur son territoire des compétences qui lui sont dévolues par l'Etat. Ces collectivités territoriales, qui disposent d'un budget, d'un personnel et d'un exécutif élu, constituent les différents échelons du maillage administratif national. La décentralisation entamée à partir de 1982 leur a permis d'étendre leurs compétences.

 

Conseil National de la Résistance (CNR) : organe créé en 1943 pour fédérer la Résistance et préparer la réorganisation de la France. Il publie un programme en 1944 prévoyant notamment la création de la Sécurité Sociale, la nationalisation d'entreprises et la restauration de la démocratie.

 

Le conseil national de la résistance à la Libération

 

Constitution : Une constitution est une loi fondamentale ou un ensemble de principes qui fixe l'organisation et le fonctionnement d'un organisme, généralement d'un État. Il s'agit donc d'un texte qui définit la forme d'un régime politique et détermine les rapports entre les différents pouvoirs.

 

Décentralisation : transfert de certaines compétences de l'Etat vers les collectivités territoriales (communes, départements et régions). Autrement dit, il y a décentralisation lorsque l'Etat central donne aux collectivités territoriales les moyens légaux et financiers de gouverner à sa place. Les lois Defferre de 1982 marque une étape décisive dans la mise en œuvre de cette décentralisation, qui devient même un principe constitutionnel en 2003

 

Déficit public : le déficit public correspond au besoin de financement des administrations publiques. Lorsque les dépenses publiques pour une année sont supérieures aux recettes publiques, le solde des finances publiques est alors déficitaire.

 

Démocratie d'opinion : mode de fonctionnement du pouvoir politique dans lequel les décisions sont prises pour répondre aux désirs de l'opinion publique, censée correspondre à celle de la majorité des citoyens. Les médias de masse et les instituts de sondage sont des agents essentiels de cette forme de démocratie.

 

Dépense publique : ensemble des dépenses réalisées par les administrations publiques

 

Evolution de la structure de la dépense publique entre 1959 et 2009 (INSEE,  http://www.performance-publique.budget.gouv.fr/

 

Dette publique : ensemble des engagements financiers pris sous formes d'emprunts par l'État, les collectivités publiques et les organismes qui en dépendent directement

 

Etat : organisation qui assure la direction politique et administrative d'une nation. Un État souverain est délimité par des frontières à l'intérieur desquelles s'appliquent des lois. Il est constitué d’institutions par lesquelles il exerce une autorité et un pouvoir effectif sur une population permanente. Il tire sa légitimité de la souveraineté nationale qui appartient aux citoyens et qui s'exprime par le vote (du moins dans les démocraties).

 

Etat-providence : système qui confère à l'Etat des fonctions sociales plus ou moins étendues au bénéfice de ses citoyens. Il garantit une protection, financée par les cotisations sociales, contre la maladie, le chômage, la vieillesse... L'Etat assure ainsi la redistribution des richesses et tend à réduire les inégalités sociales. Cette forme d'État s'affranchit de la conception libérale d'un État limité à des fonctions d'ordre public et de sécurité.

 

Gouvernement : organe chargé d'exercer le pouvoir exécutif. Le gouvernement décide et entreprend les actions nécessaires à la conduite de l'État. Dans un régime parlementaire (comme en France), le gouvernement (le 1er ministre et l'ensemble des ministres) est responsable devant l'assemblée.

 

Le gouvernement conduit par E. Valls (PS) en 2014

 

Institutions : ensemble des règles qui participe à l'organisation de l'État

 

Keynésianisme : théorie économique inspirée par le britannique John Maynard Keynes selon laquelle l'Etat doit intervenir dans l'économie et la politique monétaire afin de corriger les dysfonctionnements du marché et de soutenir la croissance. Mises en oeuvre aux Etats-Unis après la crise de 1929 dans le cadre du New Deal de Roosevelt (1933) pour aider à la relance de l'activité économique, ces politiques keynésiennes sont largement adoptées en France après la 2nde Guerre mondiale. La mise en place de l'Etat-providence procède également en partie de ces théories.

 

Libéralisme économique : doctrine qui prône la non-intervention de l'Etat dans l'économie, celle-ci étant régulée uniquement par les marchés (loi de l'offre et de la demande)

 

Majorité présidentielle : ensemble des forces politiques ayant contribué à l'élection du président.

 

Majorité parlementaire : parti ou coalition de partis disposant de majorité à l'assemblé nationale et au sénat.

 

Motion de censure : moyen dont dispose un Parlement pour montrer sa désapprobation envers la politique du gouvernement et le forcer à démissionner.

 

Nation : Groupe humain constituant une communauté politique sur un territoire défini ; la nation se caractérise par la conscience de son unité et la volonté d’un « vivre ensemble ». En France, la conception de la nation découle largement de la pensée d'Ernest Renan (écrivain, philosophe et historien du XIXème siècle) qui définissait une nation comme « une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu (« Qu'est-ce qu'une nation », 1882).

 

Nationalisation : opération par laquelle un Etat prend le contrôle d'une entreprise privée (qui devient donc dés lors une entreprise publique)

 

Affiche pour la "régie nationale des usines Renault"

 

Plan/planification : document rédigé par un comité d'experts fixant les orientations et les objectifs assignés par l'Etat à l'économie française/La planification est donc l'organisation de l’économie selon des directives étatiques.

 

Politique Agricole Commune (PAC) : politique communautaire mise en œuvre à partir de 1962 pour moderniser l'agriculture des pays membres et assurer leur autosuffisance alimentaire. Dans les années 1970, la PAC représentait plus de 70% du budget de la communauté européenne (pour un peu plus de 40% aujourd'hui).

 

Politique de rigueur (ou d'austérité) : politique économique qui vise à augmenter la fiscalité et à baisser les dépenses publiques afin de réduire le déficit public et de freiner l'inflation. Comme son nom l'indique, ce type de politique économique a pour effet de freiner l'activité économique, mais aussi de limiter la progression du pouvoir d'achat notamment pour les bénéficiaires de prestations sociales (qui ne sont généralement pas les plus riches!). La politique d'austérité a donc souvent pour conséquence d'accentuer les inégalités sociales.

 

Poujadisme : mouvement syndical et politique mené par Pierre Poujade de 1953 à 1958 qui revendique la défense des artisans et des petits commerçants face au développement des grandes surfaces et qui critique l'inefficacité parlementaire sous la IVème République. Le terme est aujourd'hui souvent employé pour désigner des mouvements politiques réactionnaires, corporatistes, démagogiques et/ou populistes (la défense des « petits » face aux « puissants »). Jean-Marie Le Pen fut député poujadiste en 1956.

 

Pierre Poujade en 1955

 

Privatisation : revente à des investisseurs privés des parts d'une entreprise détenues par l'Etat (autrement dit lorsqu'une entreprise publique devient privée).

 

Remembrement : politique agricole menée à partir des années 1950 dans le cadre de l'aménagement du territoire qui vise à accroitre les rendements et la production agricole en regroupant les parcelles et en supprimant les obstacles à l'exploitation des terres et la mécanisation (comme les haies ou les bosquets). Les excès du remembrement ont parfois entrainé la banalisation des paysages, l'érosion des sols, la perte de la biodiversité et l'augmentation du ruissellement (et des donc des inondations). Il est par exemple responsable de la disparition d'une partie du bocage dans l'ouest de la France.

 

Révision générale de politiques publiques (RGPP) : politique de rationalisation et de réduction des dépenses de l'Etat mise en œuvre à partir de 2007. Elle est remplacée en 2012 par la MAP (modernisation de l'action publique).

 

Référendum : consultation directe des citoyens sous forme d'une question à laquelle ils sont appelés à répondre par oui ou par non. Le général de Gaulle a souvent utilisé cette pratique, organisant 5 référendums en 11 ans de présidence.

 

Sécurité sociale : système de protection sociale fondé sur la solidarité nationale, employeurs et salariés cotisant pour couvrir les risques (maladie, accident, chômage, vieillesse...). Elle constitue un aspect essentiel de l'Etat-Providence.

 

Affiches pour la Sécurité sociale

 

Scrutin majoritaire uninominal : mode de scrutin selon lequel les électeurs votent pour un candidat qui doit obtenir la majorité absolue pour être élu au 1er tour. Si aucun candidat n'obtient cette majorité absolue, il y a alors « ballotage » et un second tour est organisé, remporté par celui qui obtient le plus de voix.

 

Scrutin proportionnel : mode de scrutin dans lequel les partis présentent des listes et obtiennent un nombre d'élus proportionnel au nombre de voix obtenues.

 

Technocrate : personne exerçant d'importantes responsabilités politiques ou administratives au titre de leur compétences techniques. Ces hauts fonctionnaires sont souvent critiqués pour faire prévaloir des conceptions administratives et techniques sans prise en compte de leurs conséquences humaines, sociales ou environnementales et pour constituer une "caste" sans légitimité démocratique au sommet du pouvoir.

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Team Histoire-Géo

Publié dans #cours histoire, #vocabulaire

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