L'Asie du sud et de l'est: les défis de la population et de la croissance (2ème partie)

Publié le 3 Mai 2015

 

THEME 3: DYNAMIQUES DES GRANDES AIRES CONTINENTALES

 

Chap.1: l'Asie du sud et de l'est, les défis de la population et de la croissance (suite et fin).

 

 

II – L'ASIE DU SUD ET DE L'EST : UNE AIRE DE PUISSANCE ÉCONOMIQUE AU CŒUR DE LA MONDIALISATION.

 

1. l'Asie, moteur de la croissance économique mondiale

 

Un exceptionnel dynamisme économique. L' Asie du sud et de l'est est le principal pôle de croissance de l'économie mondiale. Si les États les plus développés comme le Japon ou les NPIA connaissent une croissance ralentie (inférieure à 1%) depuis les années 1990 (comme d'ailleurs dans l'ensemble de la triade), des pays comme la Chine, l'Inde ou Singapour connaissent une croissance annuelle proche de 10%. La part de l'Asie dans le PIB du globe n'a ainsi cessé de croître depuis les années 1960 pour atteindre près de 35% aujourd'hui. L' Asie compte aujourd'hui 5 des 20 premières puissances économiques au monde (la Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Inde et l'Indonésie).

Un pôle majeur de l'économie-monde : Le poids économique de l'Asie du sud et de l'est est aujourd'hui considérable. Le continent est en effet :

  • Le premier pôle manufacturier de la planète. L'industrie régionale domine de nombreux secteurs (textile, électronique, informatique, acier, construction navale, machine outil...) et le continent est ainsi devenu « l'usine du monde ». Par ailleurs, l'Inde exporte de nombreux services.

 

L'Asie, un pôle majeur du commerce international (OMC 2008)

 

  • Un pôle financier majeur qui totalise environ 1/3 de la capitalisation boursière mondiale et compte 15 places boursières parmi les 50 plus importantes de la planète (Tokyo, Singapour, HK, Séoul, Shanghai...). En outre, Hong Kong, le Japon et la Chine font partie des principaux pays émetteurs et récepteurs d'IDE du globe.

 

Les IDE dans le monde (évolution 2009-2010)

 

  • Une puissance commerciale qui réalise plus du 1/3 des exportations mondiales, 25% du commerce international et 40% du trafic mondial des conteneurs. La flotte marchande est-asiatique représente plus 35% de la flotte mondiale (la firme taïwanaise de transport maritime Evergreen est d'ailleurs au 4ème rang mondial et détient plus de 150 porte conteneurs).

 

Les principaux ports d'Asie du sud et de l'est

 

Un espace fortement littoralisé. L' Asie s'est ainsi développée avant tout via ses littoraux et ses ports. Ces derniers sont aujourd'hui les plus importants de la planète, notamment en ce qui concerne la trafic de conteneurs (14 des 20 premiers sont situés en Asie, parmi lesquels Hong Kong, Shanghai, Singapour, Shenzhen, Pusan, ou encore Kaoshiung à Taïwan...). De plus, ces zones portuaires accueillent des activités de production et de stockage. En plus de leur rôle de plate-forme multimodale, elles forment donc des ZIP puissantes et attractives. C'est par exemple le cas dans les ZES chinoises, comme autour de Shenzhen dans le delta de la rivière des perles, ou à Singapour.

 

Les zones d'activités à Singapour

 

L' Asie de l'est constitue la première façade maritime de la planète et une interface majeure de l'espace mondial (du Japon au détroit de Malacca principalement). La forte littoralisation de la région témoigne ainsi de sa forte intégration au processus de mondialisation et de son dynamisme. Mais ce phénomène tend à accroître les disparités régionales entre un littoral dynamique et développé et un arrière-pays en retard de développement.

=> Par son ouverture économique, l'Asie est ainsi devenue en quelques décennies « l'atelier du monde ». Les régions littorales ont porté la croissance et concentrent aujourd’hui hommes, activités et richesses.

=> D'importants déséquilibres régionaux existent entre les littoraux dynamiques et attractifs et l'hinterland moins développé.

 

2. Un développement économique progressif porté par les États et les FMN

 

Un développement économique progressif. Depuis les années 1950-60, la croissance économique s'est diffusée à partir du Japon vers les États voisins. On peut ainsi distinguer plusieurs périodes de très forte croissance selon les régions du continent:

  • La « Haute croissance » nippone (1955-75) ;

  • les 4 dragons asiatiques : HK, Corée du S, Singapour, Taïwan (1965-80)

  • les « Tigres » asiatiques : Malaisie, Philippines, Indonésie, Thaïlande, Vietnam (1975-90)

  • la Chine et l'Inde depuis les années 1980.

Le développement en vol d'oies sauvages. Cette évolution est le fruit de la mise en œuvre de la stratégie de développement économique dite « en vol d'oies sauvages » dont le Japon à été l'origine et le moteur. Celle-ci consiste en une remonté des filières permettant de substituer la production nationale aux importations. On distingue plusieurs phases :

  • Phase 1 : importation

  • Phase 2 : imitation et production de biens demandant peu de compétences techniques (industrie lourde, textile...)

  • Phase 3 : exportations: les revenus d’exportation permettent de développer un autre secteur industriel, intégrant plus de technologies et donc de valeur ajoutée.

  • Phase 4 : délocalisation des activités précédemment développées vers les pays proches et moins développés (motivée notamment par la recherche de main d’œuvre bon marché), qui appliquent par la suite la même stratégie.

 

Le développement "en vol d'oies sauvages" asiatique

 

Le rôle déterminant des États dans le décollage économique. Tout en s'ouvrant au libéralisme et au commerce mondiale, les États d'Asie ont pratiqué un interventionnisme déterminant dans leur réussite économique :

  • Il s'agit tout d'abord bien souvent de pouvoir plutôt autoritaire comme en Chine, au Cambodge, au Myanmar ou encore à Singapour. La main d’œuvre dispose souvent de peu de droits et de protection, ce qui la rend compétitive et attractive pour les firmes étrangères.

  • De plus, d'une manière générale, les États ont largement contrôlé et orienté l'activité économique, notamment par le choix de l’extraversion économique. Quelques exemples :

    • au Japon : l’État nippon (qui bénéficiait en outre de l'aide américaine à la suite de la 2ème Guerre mondiale et dans le cadre de la Guerre Froide) a orienté et régulé le développement économique en fonction du contexte international via le MITI (Ministère du commerce international et de l’industrie). L'objectif était de rationaliser l’appareil productif pour être compétitif sur le marché mondial. Pour cela, le MITI a ciblé les secteurs économiques à développer, aidé à la restructuration et à la modernisation de certaines branches, régulé la monnaie pour protéger le marché national et aussi fait la promotion des produits japonais via le JETRO

    • En Chine : à partir de 1979, les dirigeants communistes réformateurs menés par Deng Xiaoping s’imposent à la tête du pays. Tout en conservant le régime politique, ils entament des réformes économiques et proclament « l’économie socialiste de marché » : l’État contrôle toujours certains secteurs (industrie lourde, armement) mais l’initiative privée est encouragée, des entreprises privées chinoises et étrangères sont autorisées. Des ZES sont définies pour attirer les entreprises étrangères et les infrastructures de communication (ports à conteneur en particulier) sont aménagées pour capter les flux. L’État chinois maintient enfin la monnaie a un niveau très bas afin de faciliter les exportations.

    • En Inde : après avoir choisi une stratégie de développement économique proche du socialisme dans les années 1960, le pays a adopté le libéralisme depuis les années 1980.

Le poids des grandes entreprises. Le miracle économique tient également au rôle joué par les grandes firmes qui se sont imposées sur les marchés mondiaux. C'est en particulier le cas au Japon avec les « Keiretsu » et en Corée du sud avec les « Cheabol ».. Il s'agit de puissantes FMN (comme Sony, Mitsubishi ou Toyota au Japon et Samsung, Hyundaï et LG en Corée) structurées autour de trois pôles :

  • un pôle financier (banque) qui assure et organise les investissements,
  • un pôle commercial ( Sogo shosha au Japon) qui assure la prospection financière et commerciale
  • un pôle productif qui regroupe les entreprises industrielles. De nombreuses PME assurent par sous-traitance, plus de la moitié de la production industrielle, ce qui permet aux grandes firmes de moduler plus facilement les rythmes de production et d’emploi (chômage ponctuel) et donc d’être plus compétitives sur le marché mondial.

Aujourd'hui, ce sont des FMN chinoises (Sinopec) et indiennes (Tata, Arcellor Mittal) qui se lancent à la conquête des marchés mondiaux et rentrent dans le top 100 des plus grandes FMN.

=> La croissance asiatique, entamée par le Japon puis diffusée par vagues successives aux pays voisins, repose donc largement sur l'extraversion économique. Les États et les grandes FMN ont joué un rôle décisif dans le décollage économique.

 

3. Une intégration régionale encore inachevée

 

L'importance du commerce intrazone. Le choix de l'extraversion économique et les transferts de technologies/d'activités opérés au sein de l'aire continentale ont contribué à accroître les interdépendances entre les différents pays de la région. Ces-derniers sont ainsi liés par des échanges intenses de toute nature : des flux financiers (IDE du Japon, des Dragons et aujourd'hui de la Chine vers les Tigres notamment), matériels (entre les différents sous traitant...), humains (tourisme, migration du travail), immatériels (brevets...)... Le commerce intrazone représente ainsi près de 50% des flux de la région. Ces flux internes sont plus intenses en Asie du sud-est.

Une DIT régionale. L'ensemble de ces flux témoigne de la mise en place d'une DIT à l'échelle de la région. Cette DIT joue sur les différents niveaux de développement :

  • au Japon et aux dragons, la décision financière, l’innovation et la conception (« tête », moteur)

  • la Chine et les pays du S-E asiatique assurent la production et l’assemblage (pays-ateliers).

  • La Chine et l'Inde commencent aujourd'hui à jouer un rôle décisionnel directeur dans cette DIT régionale.

Une intégration régionale encore inachevée. L’intégration économique s’effectue avant tout par les entreprises, les investissements et les échanges. Toutefois, des organisations régionales de libre-échange ont été créées ces dernières décennies :

  • L‘ASEAN créée en 1967 dans le cadre de la Guerre Froide est passée de 5 membres fondateurs à 10 aujourd'hui. « L'ASEAN + 3 » est une rencontre entre les pays de l'ASEAN et la Chine, le Japon et la Corée du Sud qui se tient durant les sommets de l'ASEAN. L'association a pour but de renforcer la coopération et l'assistance mutuelle entre ses membres, d'offrir un espace pour régler les problèmes régionaux et de peser en commun dans les négociations internationales. Elle constitue la plus importante zone de libre échange de la planète

  • L'Association sud-asiatique pour la coopération régionale (ASACR ou SAARC en anglais) est une association régionale fondée en 1983 à New Delhi. Elle regroupe 8 pays de l'Asie du Sud (Bangladesh, Bhoutan, Inde, Maldives, Népal, Pakistan, Sri Lanka et Afghanistan). Le Japon et la Chine ont le statut d'observateur. L'ASACR encourage la coopération dans les domaines de l'agriculture, de la science et des technologies, de la culture, de la santé... En 1993, les pays membres signèrent un accord pour réduire graduellement les droits de douane au sein de la région.

  • Asia-Pacific Trade Agreement (APTA ) créée en 1975 et compte aujourd'hui 8 membres (Bangladesh, Chine, Inde, Corée du sud, Laos, Sri Lanka, Népal, Philippines). L'organisation a également pour but de favoriser le développement économique et la coopération régionale par l'adoption de mesures libérales.

  • La Coopétaion économique pour l'Asie-Pacifique (APEC en anglais) est un forum économique visant à faciliter la croissance économique, la coopération, les échanges et l'investissement de la région. Elle témoigne de la croissance des flux avec le continent américain (et avec les Etats-Unis en particulier) et donc de l'intégration de l'Asie du sud et de l'est au processus de mondialisation.

 

 

Les organisations économiques régionales en Asie

 

Les tensions régionales. Ces organisations témoignent des liens puissants qui unissent les pays de la région. Cependant, cette intégration, plus poussée en Asie du sud-est que dans le reste du continent, est encore incomplète dans la mesure où il n'existe pas d'organisation regroupant tous les pays asiatique (sauf à l'état de projet comme l'Asian Free Trade Area). Cette situation résulte du caractère récent du développement économique mais aussi des tensions fortes qui existent encore entre certains États d'Asie. Ces tensions, souvent liées à l'histoire récente de la région (2ème Guerre mondiale, Guerre Froide, décolonisation), opposent par exemple :

  • la Chine et Taïwan, que le géant asiatique voudrait récupérer

  • la Chine et le Japon, à propos de la mer de Chine méridionale

  • les deux Corées où la zone frontalière est encore militarisée.

  • l'Inde et le Pakistan, à propos du Cachemire...

=> En dépit des flux internes massifs et de l'existence d'une DIT régionale, l'Asie du sud et de l'est est encore loin de former un ensemble uni et complètement intégré. S'il tend a se structurer autour d'organisations régionales, les tensions sont encore vives entre certains États de la région.

 

III – UN CONTINENT FACE AUX DÉFIS DU DÉVELOPPEMENT.

 

1. Un continent encore inégalement développé.

 

L'Asie voit son niveau de développement progresser. En s'ouvrant sur l'extérieur, les Etats asiatiques ont tiré parti de la mondialisation et ont connu en conséquence une amélioration globale des conditions de vie. Environ 50 millions d'habitants sont sortis de la pauvreté en Asie de l'est lors des cinq dernières années et la région a vu son taux d'extrême pauvreté passer de 80 à 20%.

Toutefois, si le niveau de vie moyen s'élève, l'Asie reste tout de même le continent qui compte le plus de pauvres : 2,2 miliards dont 1,6 pour les seules Chine et Inde. L'Asie du sud abrite également à elle seule 70% de la population sous-nourrie de la planète (et ce malgré le succès de la Révolution Verte lancée en Inde dans les années 1960).

 

Evolution du PIB/hab de quelques pays d'Asie par rapport à celui de Japon

 

D'importants contrastes de développement à toutes les échelles. En outre, le continent est encore marqué par d'importants contrastes de développement.

  • à l'échelle continentale : si le niveau de vie au Japon, en Corée du sud ou à Singapour est comparable à celui des pays occidentaux, une grande majorité d'États a encore un IDH moyen (Chine, Inde, Thaïlande, Malaisie) ou faible (Cambodge, Laos, Népal, Bangladesh)

  • à l'échelle nationale : nombreux États sont caractérisés par des contrastes régionaux très marqués. C'est par exemple le cas entre littoral et intérieur (en Chine notamment) ou entre villes et campagnes plus en retard (en Inde, aux Philippines où 80% des pauvres vivent en zone rurale)

  • à l'échelle locale : les inégalités socio-spatiales sont très fortes à l'intérieur des mégapoles. S'y côtoient des (nouveaux) riches et des masses urbaines pauvres entassées dans les bidonvilles (cf étude de cas sur Mumbai).

 

Les contrastes de développement en Asie du sud et de l'est. (IDH 2007)

 

=> La croissance n'a donc pas réduit les inégalités de développement. Si l'Asie compte aujourd'hui plus de 600 milliardaires (plus qu'aux Etats-Unis ou en Europe), la majorité de la population vit encore dans la pauvreté. Réduire ces inégalités est un des grands défis de l'Asie pour le XXIème siècle..

 

2. le coût écologique du développement.

 

L'industrialisation et l'extraordinaire développement économique de certaines régions du continent ont été accompagnés par d'importantes nuisances et dégradations environnementales. La Chine est devenue le 1er émetteur de gaz à effet de serre de la planète. La pollution est particulièrement forte :

  • sur les littoraux, comme au Japon dans la baie de Tokyo ou en mer intérieur (pollution aux métaux lourds par arsenic, cadmium, mercure). En outre, la vulnérabilité naturelle de la région (séisme, tsunami...) se conjugue aux risques industriels et peuvent amener à des catastrophes majeures, comme celle de Fukushima en 2011.

  • dans les villes, espace d'intense concentration humaine et économique, souffre de pollution atmosphérique liée aux rejets industriels et à la cogestion du trafic routier. Pendant les jeux olympique de Pékin, les autorités chinoises ont mis en œuvre des mesures drastiques pour limiter la pollution : circulation alternée, fermeture provisoire de plus de 300 usines...

 

Coureurs lors du marathon de Pékin 2014 (le taux de pollution était 15 fois supérieur aux niveaux recommandés)

 

  • En milieu rurale, la surexploitation des sols et la déforestation provoquent des crises écologiques et humaines (gliessement de terrain, désertification...). L'Indonésie perd ainsi chaque année plus de 2 millions d'hectares de forêt (sur 120 millions au total), celle-ci étant remplacée par des plantations de palmiers à huile (servant pour les cosmétiques et les biocarburants), véritables moteurs du dévbeloppement indonésien.

 

Déforestation en Indonésie

 

=> Aujourd'hui, même si quelques mesures ont été mises en œuvre, les préoccupations environnementales sont cependant loin d'être primordiales pour les autorités des pays d'Asie. La prise en compte des enjeux écologiques constituent un autre défi pour le continent.

 

3. Un mode de développement qui accroit la dépendance à l'extérieur.

 

Une dépendance multiforme. L' Asie est particulièrement dépendante de l'économie mondiale. En effet, le choix de l'extraversion économique rend l'Asie vulnérable :

  • A l'échelle de la région, les pays ateliers sont dépendants des IDE réalisés par les États les plus puissants (Japon, NPIA, Chine...). La région est ainsi sensible aux grandes crises financières mondiales comme celle de 2008 (même si le continent a vite retrouvé un niveau de croissance élevé à l'inverse des pôles de la triade).

  • La croissance économique asiatique est également liée à la demande des pays de la triade qui constituent les principaux acheteurs (le marché intérieur asiatique, bien qu'en croissance, demeure encore trop restreint pour être l'unique moteur de la croissance). Le ralentissement de l'activité en Amérique du nord et en Europe pénalise ainsi les pays ateliers du continent. C'est dans ce contexte que la Chine a acheté une partie de la dette souveraine des Etats de l'Union Européenne après la crise de 2008, afin de "sauver" des marchés indispensables à l'économie de l'empire du milieu.

  • En raison de son intense activité industrielle, l'Asie est « énergivore ». Si la Chine dispose de ressource en gaz et en charbon (une centrale thermique y est construite toute les semaines!!) et que le Japon est équipé en centrales nucléaires, les importations pétrolières sont massives et la dépendance énergétique réelle.

 

Consommation mondiale de charbon par région (1980-2010)

Rédigé par Team Histoire-Géo

Publié dans #cours geo

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