La mondialisation en fonctionnement (2ème partie)

Publié le 8 Novembre 2014

THEME 2 : LES DYNAMIQUES DE LA MONDIALISATION

 

Chap. 1 : La mondialisation en fonctionnement (suite et fin)

 

II – DES ACTEURS MULTIPLES ORGANISANT DES FLUX TOUJOURS PLUS DENSES.

 

1. De nombreux acteurs aux logiques à la fois complémentaires et contradictoires

 

a) les FMN au cœur de la mondialisation.

 

Les grandes firmes mondiales jouent un rôle fondamental dans l’économie mondialisée. Il s'agit de firmes implantées dans plusieurs pays par le biais de filiales qu'elle contrôle complètement ou en partie. Toutefois la gestion et l'administration du groupe est centralisée. Leurs stratégies les amènent à planifier leur développement à l’échelle mondiale, sans tenir compte des intérêts de leur État d’origine.

On compte aujourd'hui plus de 80 000 FMN détenant 820 000 filiales. Elles réalisent 2/3 du commerce mondial et représentent 25% du PIB mondial. Elles viennent essentiellement des pays riches (sur les 500 premières, on en compte environ 170 européennes, 150 américaines et 60 japonaises) mais des firmes des pays émergents apparaissent désormais dans ce classement (Chinoise, indienne...)

 

Top 10 FTN (2013)

 

Ces FTN sont très puissantes et organisent l'espace mondial. Leur puissance repose sur leur capacité à maîtriser et à gérer l’espace mondial à leur profit. Ainsi, elles organisent la DIT entre conception et élaboration de leurs produits: les fonctions les plus stratégiques (siège sociaux, R&D, production à haute valeur ajoutée, marketing) sont localisées dans les métropoles des pays développés alors que les fonctions de production et d'assemblage sont implantées dans les pays ateliers.Les FMN réalisent ainsi des arbitrages territoriaux (qui mettent en concurrence ces territoires) en fonction de leur plus ou moins grande attractivité.

 

La DIT selon Nike

 

Aujourd'hui la fabrication des produits les plus complexes est décomposée : les diverses pièces sont produites dans des pays différents en fonction de leurs avantages comparatifs puis sont regroupées et assemblées (cf Iphone). On parle dés lors non plus de DIT mais de DIPP (décomposition internationale du processus productif), stratégie qui témoigne de l'approfondissement du processus de mondialisation.

Ces FTN contribuent très largement à la massification et la multiplication des flux, résultat de leurs stratégie d'implantation et de commerce, ainsi qu'à la diffusion de modèle de consommation planétaire (Coca-Cola, McDonald, Sony-Warner, Apple...)

 

Coca-Cola, un produit mondialisé

 

En outre, ces FTN ont parfois un PIB supérieur à celui de certains États et exercent sur ces derniers une influence non négligeable.

 

b) La multitude des acteurs privés

 

Les diasporas : beaucoup de migrants conservent des liens privilégiés avec leur pays d’origine, liens qui se matérialisent par des flux financiers (rapatriement de capitaux ou envoi d’une partie des revenus du travail aux familles) ou commerciaux avec le pays d’origine. C'est par exemple le cas de la diaspora chinoise (30 millions de Chinois outre-mer) dont on estime qu’elle maîtrise ¼ des échanges de la RPC.

 

La disapora indienne dans le monde (2015)

 

Les organisations illicites : le crime organisé s’est mondialisé à partir de la drogue, du trafic d’armes, de la contrefaçon, de la prostitution et des travailleurs clandestins. Le crime organisé utilise les outils fournis par la mondialisation : Internet, moyens de communication/de transport rapides et à gros volume... De plus, les paradis fiscaux lui permettent de pratiquer le blanchiment d’argent. Ces organisations illicites constituent de véritables puissances économiques assurant environ 3% du PIB mondial et faisant vivre parfois des régions entières (le pavot dans « le triangle d’or » ou en Afghanistan)

 

Trafic de cocaine et d'heroine dans le monde

 

Les individus : par leurs consommations, leurs voyages, leurs engagements individuels..., ils contribuent à mettre le monde en réseau : tourisme internationale, internet (cf facebook et les « amis » de toutes la planètes)...

 

c) Le rôle des États et des organisations internationales

 

Comme nous l'avons évoqué précédemment, les organisations internationales (OMC, UE, ALENA, FMI...) jouent un grand rôle dans l'approfondissement du processus de mondialisation par la promotion du modèle économique libéral et capitaliste (cf critère de Copenhague qui impose aux États membres ou désirant intégrer l'UE d'adopter une économie libérale).

Les États-nations quant à eux semblent fragilisés par ce processus de mondialisation : la circulation financière leur échappe, ils n'ont pas de pouvoir sur les décisions des FMN (cf problème des délocalisations et des fermetures d'usines) et ne peuvent gérer comme auparavant leurs affaires dans un cadre national. Le rôle de l’État est donc aujourd'hui redéfini :

  • ils restent des acteurs importants dans les négociations commerciales et économiques, comme au sein des organisations supranationales (OMC, FMI…) et dans le cadre de relations bi/multilatérales. De plus, ils jouent toujours un rôle économique en contrôlant certaines entreprises dans les secteurs clés (EDF en France, Gazprom en Russie) et conduit la politique économique (fiscalité, réglementation du travail...)

  • la mondialisation accroît par ailleurs le besoin d’État protecteur chez les citoyens affectés et fragilisés par la dérégulation de l’emploi et de la protection sociale. Les États cherchent donc à soigner les effets négatifs de la mondialisation

  • la mondialisation, en exacerbant la concurrence, crée une nouvelle forme d’interventionnisme des États qui doivent produire un environnement politique, économique, social et culturel favorable aux entreprises et à leurs investissements. Ils doivent ainsi rendre leurs territoire compétitif et attractif en les aménageant (ainsi qu'en formant la population) pour attirer les investisseurs mondiaux et pour capter un maximum de flux (cf le Havre).

L'exemple de la Chine :

A partir de l'arrivée au pouvoir des communistes pragmatiques (emmenés par Deng Xiaoping) à la fin des années 1970, L’État chinois a fournis de gros efforts pour rendre son territoire attractif et donc pour intégrer le processus de mondialisation.

- La Chine a décidé d’ouvrir la porte aux investissements étrangers en 1978 et a rompu avec l’orthodoxie socialiste en établissant des zones économiques spéciales (ZES) en 1979 et 1980 (Shantou, Shenzhen...) <=> espaces bénéficiant d'un régime juridique particulier qui les rend plus attractifs pour les investisseurs étrangers (absence de droits de douane, libre rapatriement des investissements et des bénéfices, pas d'impôt pendant plusieurs années puis des impôts très bas...) .

- les conditions salariales y sont très favorables : main d’œuvre nombreuse, peu coûteuse, de mieux en mieux formée, flexible et qui dispose de peu de droits salariaux.

- La Chine a réalisé des investissements en terme d'infrastructures de transport. Elle dispose aujourd'hui des ports à conteneurs les plus actifs de la planète.

- Enfin la Chine à un régime politique stable et autoritaire, ce qui limite le risque économique de l'investissement (cf notion de risque pays)

Pour s'y retrouver dans cette multitude d'acteurs, il est possible d'envisager le classement suivant :

  • ceux qui approfondissent le processus : FMN, réseaux criminels, diasporas, individus, organisations internationales...
  • ceux qui cherchent à réguler/freiner le processus : ONG, État (enfin, certains!), ONU...

 

2. Des flux multipliés et accélérés

 

a) Des flux de biens et de services en constante augmentation mais qui restent dissymétriques

 

Depuis les années 1950, les échanges internationaux sont en constante augmentation (ils augmentent même plus vite que la production). Ainsi, en 1970 c'est environ 15% de la production mondiale qui était échangé alors qu'aujourd'hui les flux internationaux de biens et de services représentent plus de 30% de la production mondiale. La valeur du commerce a ainsi été multiplié par 5 depuis les mêmes années 1970. Par ailleurs, 80% du commerce mondial de marchandises s'effectue par la voie maritime (grâce à environ 50 000 bateaux de commerce) et le trafic mondial a doublé en 30 ans.

 

Evolution du commerce mondial (1948-2010)

 

En outre, les biens échangés ont évolué. Les flux de matière 1ère ont augmenté en tonnage mais baissé en part relative (environ 30% des biens échangés), alors que les flux de biens manufacturés (50%) et de services ont augmenté en valeur, en volume et en part relative.

 

Part des différents secteurs dans le commerce mondial

Production et échanges pétroliers

 

Ces flux sont très largement polarisés par les États de la triade qui réalisent environ 75% des échanges mondiaux (pour seulement 20% de la population mondiale). De plus, une partie non négligeable des échanges se fait à l’intérieur même de ces zones (plus de 50% des flux mondiaux sont intra-zones). Par exemple, le commerce entre les pays de l’UE représente 65 % des échanges de la zone (pour environ 50% en Asie du sud-est et environ 40% pour l’Amérique du Nord). Ce commerce intra-zone est à relier avec l’existence, dans la plupart des cas, d’une organisation “régionale” de libre-échange (UE, ALENA, ASEAN…).

=> complémentarité et interdépendance croissante entre les 3 pôles de la triade et à l'intérieur de ces régions.

 

Pôles et flux du commerce mondial (2011)

 

Toutefois, les pays émergent ne cessent d’accroître leur part dans les échanges mondiaux (20%), en particulier la Chine, véritable « usine du monde » devenue en 2011 le 1er exportateur mondiale devant l'Allemagne.

Ainsi, la production est de plus en plus dispersée à l'échelle du globe : si en 1950, 10 pays concentraient 90% de la production mondiale, aujourd'hui 85% de cette production est répartie entre une trentaine d’États (élargissement de la DIT). On constate donc l'intégration croissante des États (NPI, pays émergents...) au processus de mondialisation par le développement de leur secteur productif et par leur participation aux flux internationaux.

A l'inverse, certaines régions de la planète restent marginalisées au regard de leur part dans le commerce mondial, en particulier l'Afrique subsaharienne (qui représente environ 2% des flux mondiaux) et plus généralement les PMA.

 

b) l'explosion des flux immatériels

 

Ce sont les flux dont la circulation a connu la plus forte augmentation. On peut distinguer.

  • Les flux financiers qui ont explosé, en grande partie du fait de la dérégulation financière. Les capitaux circulent aujourd'hui librement au sein d'un marché unifié (globalisation financière). Quelques exemples :

- les IDE : investissements réalisés par une firme sur un territoire étranger servant soit à la création d’une unité de production ou de commerce, soit au rachat ou à la prise de participation d’une entreprise étrangère. En 2010, ces IDE ont dépassé les 1200 milliards de dollars. La moitié de ces flux sont à destination des pays développés. La Chine accueille quant à elle le 1/3 des IDE à destination des pays en développement. L’Afrique est encore peu concernée mais sa part progresse (environ 3% des stocks mondiaux et 5% des flux mondiaux).

 

IDE entrants et sortants (2009)

 

- Les capitaux placé sur les marchés financiers : les banques, assurances, fonds de pension ou encore les fonds spéculatifs placent leurs capitaux sur des marchés financiers à la recherche du meilleur profit. La capitalisation boursière a été multiplié par 10 en 25 ans et le stock de capital représente près de 10 fois le PIB mondial. Par exemple, sur les marchés de la dette monétaire, c'est un volume global quotidien de l'ordre de 8 000 milliards de dollars qui circule.

Aujourd'hui, 5 bourses polarisent 50% de la capitalisation boursière : Wall Street, Kabutocho, la City, Shanghai, Francfort.

 

Les principales places et flux financiers (2011)

 

- « l’argent sale » issu des trafics illicites de la drogue, des armes <=> rôle important dans ce cadre des paradis fiscaux qui permettent la circulation et le blanchiment de cet argent (Suisse, îles anglo-normandes, Caraïbes...)

  • L’information (image, son, texte...) circule de plus en plus rapidement grâce au progrès technique. La planète est progressivement mise en réseau même si les inégalités en terme d'équipement et d'accessibilité subsistent (c'est la fameuse « fracture numérique » évoquée précédemment).

- Depuis 2000, le nombre de téléphone portable est passé de 750 millions à 5,5 milliards, le nombre d'internaute de 400 millions à 2 milliards.

- Si les européens représente environ 60% des internautes, les africains ne comptent que pour 3%.

 

Internet: flux, utilisateurs et infrastructures (2008)

 

Les « médias » restent principalement aux mains des FMN des pays du Nord : CNN, Yahoo, Google, Universal... La production et la diffusion de l'information à l'échelle planétaire sont donc contrôlées par les pays du nord. La capacité à produire et à diffuser de l’information est aujourd’hui un élément essentiel de la puissance d’un État (cf concurrence entre CNN et TeleSUR ou Al jazira)

Cette circulation planétaire de l’info a énormément d’effet sur la société. Le monde se rétrécit et tend à constituer ce que le sociologue américain Marshall Mac Luhan appelle un « village global ». Facebook en est un exemple emblématique, tout comme le tube sud coréen du chanteur psy, « gangnam style » ou encore l'émergence du globish, un anglais simplifié qui devient la langue mondiale. Toutefois, ce « village global » est davantage rêvé que réel dans la mesure où :

- les particularisme locaux subsistent et parfois se renforcent en réaction à cette homogénéisation/américanisation de la culture; ici, le mondiale renforce le local.

- de nombreux individus/territoires restent en marge de ce processus.

 

"It's a small world", publicité DHL

 

=> ces flux, de marchandises, de services et de capitaux, nous permettent de constater :

  • la plus ou moins grande intégration des différentes régions du globe à la mondialisation

  • la plus ou moins grande attractivité et accessibilité des différentes régions de la planète.

=> ces flux témoignent ainsi de la place de chaque région dans le processus de mondialisation et dans la compétition qu'il instaure.

 

c) les mobilités humaines en augmentation

 

La circulation des hommes a elle aussi très fortement augmenté depuis le milieu du XXème siècle. Les motifs de départs sont multiples : économiques, politique... :

Les migrations dans le monde (2005)

 

  • les migrations économiques : Aujourd'hui, plus de 200 millions de travailleurs résident en dehors de leur pays d'origine (contre 40 millions en 1960). La plupart des migrants sont peu qualifiés et vont des pays du sud vers les pays du nord. Il existe cependant de plus en plus de migrations sud-sud comme vers le golfe persique (c'est le cas d'environ 2 millions d'habitants du Kerala, région située au sud ouest de l'Inde, qui se rendent à Dubaï pour travailler sur les chantiers de construction). Il existe également des migrations nord-nord de main d’œuvre qualifiée; ces déplacements se font dans le cadre du « brain drain » ou bien de la circulation interne aux FMN.

  • Les migrations politiques : en raison de la multiplication des conflits, le nombre de réfugiés a considérablement augmenté (40 millions de personnes environ). Il s'agit de migrations transfrontalières de proximité dans la plupart des cas. Ces réfugiés sont particulièrement nombreux en Afrique, notamment dans la région des grands lacs où l'instabilité géopolitique règne (Burundi, Congo, Rwanda), ainsi qu'au oyen-orient aujourd'hui en crise.

 

Réfugiés et déplacés en Afrique (2007)

 

  • les migrations touristiques : le nombre d'arrivée touristique a doublé depuis les années 1990, passant de 450 millions à 900 millions. Ces flux sont très majoritairement nord-nord, l'Europe constituant le 1er pôle touristique mondial (et en particulier la rive nord ouest de la Méditerranée). Il s’agit d’un tourisme de masse, balnéaire et uniformisant en terme de paysage et de pratique spatiale.

 

Tourisme international

 

    Ces différents types de mobilités humaines témoignent des inégalités de développement dans le monde ainsi que des dynamiques géo-économiques actuelles :

    • les touristes issus des BRIC sont de plus en plus nombreux et l'Asie devient un véritable pôle touristique (l'aéroport de Beijing est le 1er aéroport mondial).

    • Les pays développés, région d'accueil des migrants venant du sud, tendent à fermer leurs frontières, soit en construisant des murs (comme entre les États-Unis et le Mexique), en renforcement l'arsenal policier (l'agence Frontex de l'UE) ou en durcissant les conditions d'entrée.

     

    3. Quelles frontières dans un monde ouvert ?

     

    La mondialisation et l'explosion des flux posent la question du rôle des frontières dans un monde ouvert. En effet, la création d'organisations régionales a atténué le rôle des frontières nationales en laissant circuler librement les marchandises, les capitaux et parfois les hommes. Les contrôles d'entrée ont ainsi été repoussés à l'extérieur, comme c'est le cas pour l'espace Schengen.

    Toutefois, le « monde sans frontière » que laisse imaginer l'approfondissement de la mondialisation est encore loin. Au contraire, on peut même constater un renforcement de ces frontières. En effet :

    • le nombre de frontières a augmenté depuis les années 1990 : on est ainsi passé de 156 Etats en 1975 à 194 aujourd'hui (pour 254 000 km de frontières). La disparition de l'URSS et du bloc soviétique est largement responsable de ce phénomène, comme en témoigne le cas de l'ex Yougoslavie. En outre, certaines régions prospères, en raison d'une rente de situation liée à la présence de ressources du sous-sol (comme en Ecosse avec le pétrole) ou bien grâce à une bonne intégration à la mondialisation (comme la Flandre, l'Italie du nord ou la Catalogne), rechignent à partager leur richesses avec le reste du territoire de leur nation et développe un discour autonomiste et /ou indépendantiste. Cette tentation indépendantiste croissante risque ainsi de renforcer la fragmentation politique du globe.

    • Les frontières sont de plus en plus surveillées. Si les capitaux et les marchandises  circulent en faisant largement abstraction des barrières étatiques, il n'en est rien des hommes (sauf dans le cas des Etats faisant partis de l'espace Schengen). En effet, le contrôle frontalier de nombreux Etats se resserre afin de se protéger du terrorisme, des trafics illégaux ou encore de l'immigration clandestine.

    - C'est par exemple le cas avec la « forteresse » européenne où a été mis en place l'agence Frontex (agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne) qui est responsable de la coordination des activités des douaniers dans le maintien de la sécurité des frontières de l'Union avec les États non membres depuis 2005. Frontex coordonne les patrouilles maritimes italiennes, grecques et maltaises, aide les polices espagnols... En outre, l'attribution des visas dans l'UE, théoriquement individuelle, se fait désormais au nom de critères collectifs (nationalité d'origine). L'attribution ou non du visa ne dépendant donc plus de la situation de l'individu mais est fonction de l'appartenance de cet individu à des États plus ou moins dangereux (cf liste noire européenne). Enfin, l'UE s'est doté du Système d'Information Schengen (SIS), vaste banque de donnée partagé par les États-membres contenant des informations sur des objets (voitures volés, armes à feu...) et sur des personnes (état civil, signes physiques particuliers, motif de leur signalement...).

     

    Opération de l'agence frontex (2012)

     

    - C'est aussi le cas au Etats-Unis, le long de la frontière avec le Mexique où se construit un mur visant à empêcher les migrants de pénétrer sur le territoire américain.

     

    Mur de séparation Etats-Unis Mexique (Arizona)

     

    - Du fait de cette surveillance accrue, le nombre de migrants illégaux (les sans papiers) a progressé. Ils risquent parfois leur vie pour rejoindre les régions qu'il considère comme des « eldorado ». C'est par exemple le cas en mer Méditerranée où les migrants africains qui cherchent à rentrer dans l'UE traversent au niveau des détroits (Gibraltar, Sicile) dans des embarcations de fortune et après des semaines/mois de voyages épuisant. C 'est aussi le cas dans le désert entre le mexique et les Etats-Unis.

    • Les frontières sont également renforcés dans les synapses du territoire que sont les hubs portuaires et surtout aéroportuaires, où contrôles multiples et files d'attente se sont multipliés depuis les années 1970.

    • Les frontières restent des zones de tensions géopolitiques : au Cachemire entre l'Inde et le Pakistan, au Moyen-Orient entre Israel et la Palestine, entre l'Ethiopie et l'Erytrée...

    • Les frontières jouent enfin un rôle fondamental dans la DIT/DIPP actuelle. Les acteurs de la mondialisation jouent largement sur le différences qui existent de part et d'autre des frontières, aussi bien en terme de niveau de développement que de fiscalité ou de droit du travail.

    Loin de disparaître, les frontières restent donc des lieux stratégiques de l'espace mondiale, notamment en tant qu'interface plus ou moins ouverte.

    Rédigé par Team Histoire-Géo

    Publié dans #cours geo

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