La mondialisation en fonctionnement (2ème partie)

Publié le 7 Octobre 2019

THÈME 2 : LES DYNAMIQUES DE LA MONDIALISATION

 

Chap. 1 : La mondialisation en fonctionnement (suite et fin)

 

 

3. Un accroissement des flux rendu possible par l'amélioration des moyens de transport et de communication.

 

Par ailleurs, les progrès techniques dans les domaines des communications et des transports rendent possible la circulation accrue des hommes, des marchandises et des capitaux. En effet, les différentes innovations dans ces domaines permettent aux flux d'être à la fois plus nombreux, plus volumineux et plus rapides.

La révolution des conteneurs, entamée dans les années 1960, est emblématique de cette évolution. Il s'agit de « boites » caractérisées par :

- leur taille standard. Il en existe de 3 types : 10 pieds, 20 pieds et 40 pieds ; un EVP (équivalent 20 pieds) est l'unité de mesure des conteneurs standards = 2,6 mètres de haut sur 2,5 mètres de large et 6 mètres de long, ce qui représente environ 38,5 mètres cube) => mise en place d'une norme mondiale

- leur capacité de stockage. Ils sont en effet « empilables »et peuvent donc être facilement stockés, aussi bien sur les navires que dans les ports. Le porte conteneur Maersk Mc Kinney Møller (le plus grand existant avec 399 mètres de longueur) peut par exemple contenir plus de 18 000 conteneurs standards.

 

Le porte-conteneurs Maersk McKinney Moller

 

- leur maniabilité: ils sont facilement transportables et transbordables via des grues et des portiques dans les ports équipés, ce qui réduit le coût de la main d’œuvre et permet des ruptures de charge beaucoup plus rapides.

 

Port de Shanghai

 

- leur multimodalité, c'est à dire leur capacité à passer facilement d'un mode de transport à un autre (du bateau au camion et/ou au train). Cette multimodalité permet également des gains de temps et donc d'argent.

 

Rupture de charge

 

Ainsi, à travers l'exemple des conteneurs, les caractéristiques principales des innovations en termes de transport et de communication peuvent être définies comme :

  • l'augmentation de la vitesse des transports/communication : les trains à grande vitesse (TGV en Europe qui place Marseille à 3h30 de Paris et Bruxelles à 1h30, le Shinkansen qui dessert la mégalopole japonaise depuis les années 1960...) ou les avions. De même, la multimodalité s'opère de plus en plus rapidement grâce aux conteneurs, à une logistique efficace et à des contrôles de moins en moins fréquents (comme dans l'espace Schengen)

    Toutefois, les progrès les plus marquants ont eu lieu dans le secteur des communications avec les Nouvelles Technologies de l'Information et des Communications (NTIC) : fibre optique, satellite, internet, téléphone portable, i-tab... Les biens et les services immatériels (informations, capitaux, images, sons...) circulent ainsi de manière quasi-instantanée sur l'ensemble de la planète. Lorsqu'Internet arrive dans les foyers français au milieu des années 1990, on parle des "autoroutes de l'information".

  • la massification des transports ; l'évolution des moyens de transport est aussi marquée par une tendance au gigantisme : gros porteur (A380), supertanker (comme le "Knock Nevis", long de 460m et large de 69m), porte-conteneurs géants... Les énormes volumes transportés permettent de faire baisser les coûts du trajet.

 

Le pétrolier géant Knock Nevis

 

  • La standardisation des modes de transports : en raison de l'augmentation des flux internationaux, les différents acteurs du commerce mondial tendent à harmoniser certaines normes : l'anglais est la langue internationale des pilotes, le dollar est la monnaie des échanges internationaux, les conteneurs sont tous radicalement les mêmes, l'écartement des rails est identique dans de nombreux pays d'Europe... Ce phénomène témoigne donc de la mise en place de normes mondiales dans le domaine des transports et plus largement de l'apparition d'un marché mondial unifié.

 

Toutefois, ces équipements (terminaux à conteneurs, internet...) sont inégalement présents à la surface de la planète comme en témoigne le classement des ports à conteneurs (Singapour, Shanghai, Hong Kong, Shenzhen, Yingkou, Pusan, Rotterdam, Dubaï... le premier port américain, Los Angeles Long Beach, n'est que 14ème et le premier port africain, Durban, n'arrive qu'en 43ème position) ou les disparités d'accès aux nouvelles technologies de la communication. Par exemple, les citoyens américains représentent près de 50% des internautes de la planète (pour moins de 5% de la population mondiale) alors que les habitants du continent africain (12% de la population mondiale) représentent moins de 5% des internautes !! Cette fracture numérique est ainsi révélatrice des inégalités de développement et de l'inégale participation au processus de mondialisation.

 

Ports et principales routes maritimes (2009)

La fracture numérique

 

=> Ainsi, les territoires et les hommes sont de plus en plus « proches » et donc de plus en plus interdépendants (c'est à dire à la fois plus complémentaires et plus concurrents). La planète est ainsi progressivement mise en réseau, réseau constitué de nœuds ou hubs (aéroports, métropoles, ports...) et de flux ou spokes.

 

 

III – Les multiples acteurs de la mondialisation : entre accélération, régulation et opposition au processus.

 

1. Les FMN, moteurs essentiels de la mondialisation.

 

Les grandes firmes mondiales jouent un rôle fondamental dans l’économie mondialisée. Il s'agit de firmes implantées dans plusieurs pays par le biais de filiales qu'elle contrôle complètement ou en partie. Toutefois la gestion et l'administration du groupe est centralisée. Leurs stratégies les amènent à planifier leur développement à l’échelle mondiale, sans tenir compte des intérêts de leur État d’origine.

On compte aujourd'hui plus de 100 000 FMN détenant 900 000 filiales. Elles réalisent 2/3 du commerce mondial et représentent 25% du PIB mondial. Elles viennent essentiellement des pays riches (sur les 500 premières, on en compte environ 140 européennes, 130 américaines et 50 japonaises) mais les firmes des pays émergents sont désormais de plus en plus présentes dans ce classement (la Chine en compte plus d'une centaine)

 

Top 10 FTN en chiffre d'affaire (2013)

 

Top 10 FTN en valeur (2016)

 

Ces FTN sont très puissantes et organisent l'espace mondial. Leur puissance repose sur leur capacité à maîtriser et à gérer l’espace mondial à leur profit. Ainsi, elles organisent la DIT entre conception et élaboration de leurs produits : les fonctions les plus stratégiques (siège sociaux, R&D, production à haute valeur ajoutée, marketing) sont localisées dans les métropoles des pays développés alors que les fonctions de production et d'assemblage sont implantées dans les pays ateliers. Les FMN réalisent ainsi des arbitrages territoriaux (qui mettent en concurrence ces territoires) en fonction de leur plus ou moins grande attractivité.

 

La DIT selon Nike

 

Aujourd'hui la fabrication des produits les plus complexes est décomposée : les diverses pièces sont produites dans des pays différents en fonction de leurs avantages comparatifs puis sont regroupées et assemblées (cf Iphone). On parle dés lors non plus de DIT mais de DIPP (décomposition internationale du processus productif), stratégie qui témoigne de l'approfondissement du processus de mondialisation.

Ces FTN contribuent très largement à la massification et la multiplication des flux, résultat de leurs stratégie d'implantation et de commerce, ainsi qu'à la diffusion de modèle de consommation planétaire (Coca-Cola, McDonald, Sony-Warner, Apple...)

Enfin, En outre, ces FTN exercent sur les États une influence considérable du fait de leurs énormes ressources financières (avec près de 15 000 milliards d'euros, la capitalisation boursière des 100 premières entreprises dans le monde est presque équivalente au PIB des États-Unis!).

 

Coca-Cola, un produit mondialisé

 

2. Le nouveau rôle des États : entre recherche d'attractivité et repli sur soi.

 

Les États-nations semblent fragilisés par le processus de mondialisation : la circulation financière leur échappe, ils n'ont pas de pouvoir sur les décisions des FMN (cf problème des délocalisations et des fermetures d'usines) et ne peuvent gérer comme auparavant leurs affaires dans un cadre national. Le rôle de l’État est donc aujourd'hui redéfini :

  • Ils jouent tout d'abord toujours un rôle économique en contrôlant certaines entreprises dans les secteurs clés (EDF en France, Gazprom en Russie) et en définissant la politique économique sur leur territoire (fiscalité, réglementation du travail...)

  • Ils restent des acteurs importants dans les négociations commerciales et économiques, au sein des organisations supranationales (OMC, FMI…) et dans le cadre de relations bi/multilatérales. Les États et les organisations internationales dont ils sont membres (OMC, UE, ALENA, FMI...) participent ainsi largement à l'approfondissement du processus de mondialisation par la promotion du modèle économique libéral et capitaliste (cf critère de Copenhague qui impose aux États membres ou désirant intégrer l'UE d'adopter une économie libérale).

  • La mondialisation, en exacerbant la concurrence, crée une nouvelle forme d’interventionnisme des États qui doivent produire un environnement politique, économique, social et culturel favorable aux entreprises et à leurs investissements. Ils doivent ainsi rendre leurs territoire compétitif et attractif en les aménageant (ainsi qu'en formant la population) pour attirer les investisseurs mondiaux et pour capter un maximum de flux (cf le Havre, la Chine...).

  • Les États cherchent également à limiter les effets négatifs de la mondialisation sur les individus (chômage lié aux délocalisations, précarité liée à la dérégulation du marché du travail...). C'est par exemple le cas avec la notion de "flexi-sécurité" développé par le président E. Macron dans sa réforme de la loi travail.

  • Actuellement, certains gouvernements et chefs d’État mettent en œuvre qui s'opposent au processus de mondialisation. C'est par exemple le cas des mesures protectionnistes instaurées par D. Trump (hausse des taxes douanières sur certains produits étrangers) afin de maintenir la compétitivité des entreprises implantées aux États-Unis et donc de protéger l'emploi.

 

L'exemple de la Chine :

A partir de l'arrivée au pouvoir des communistes pragmatiques (emmenés par Deng Xiaoping) à la fin des années 1970, L’État chinois a fournis de gros efforts pour rendre son territoire attractif et donc pour intégrer le processus de mondialisation.

- La Chine a décidé d’ouvrir la porte aux investissements étrangers en 1978 et a rompu avec l’orthodoxie socialiste en établissant des zones économiques spéciales (ZES) en 1979 et 1980 (Shantou, Shenzhen...) <=> espaces bénéficiant d'un régime juridique particulier qui les rend plus attractifs pour les investisseurs étrangers (absence de droits de douane, libre rapatriement des investissements et des bénéfices, pas d'impôt pendant plusieurs années puis des impôts très bas...) .

- les conditions salariales y sont très favorables : main d’œuvre nombreuse, peu coûteuse, de mieux en mieux formée, flexible et qui dispose de peu de droits salariaux.

- La Chine a réalisé des investissements en terme d'infrastructures de transport. Elle dispose aujourd'hui des ports à conteneurs les plus actifs de la planète.

- Enfin la Chine à un régime politique stable et autoritaire, ce qui limite le risque économique de l'investissement (cf notion de risque pays)

 

3. la société civile : moteur de la mondialisation comme de l'opposition à la mondialisation !

 

Le terme de "société civile" recouvre une grande multitude d'acteurs parmi lesquels :

  • Les diasporas : beaucoup de migrants conservent des liens privilégiés avec leur pays d’origine, liens qui se matérialisent par des flux financiers (rapatriement de capitaux ou envoi d’une partie des revenus du travail aux familles) ou commerciaux avec le pays d’origine. C'est par exemple le cas de la diaspora chinoise (30 millions de Chinois outre-mer) dont on estime qu’elle maîtrise ¼ des échanges de la RPC.

 

La diaspora indienne dans le monde (2015)

 

  • Les organisations illicites : le crime organisé s’est mondialisé à partir de la drogue, du trafic d’armes, de la contrefaçon, de la prostitution et des travailleurs clandestins. Le crime organisé utilise les outils fournis par la mondialisation : Internet, moyens de communication/de transport rapides et à gros volume... De plus, les paradis fiscaux lui permettent de pratiquer le blanchiment d’argent. Ces organisations illicites constituent de véritables puissances économiques assurant environ 3% du PIB mondial et faisant vivre parfois des régions entières (le pavot dans « le triangle d’or » ou en Afghanistan)

 

Trafic de cocaïne et d’héroïne dans le monde

 

  • Les individus : par leurs consommations, leurs voyages, leurs engagements individuels..., ils contribuent à mettre le monde en réseau : tourisme internationale, internet (cf facebook et les « amis » de toutes la planètes)...

 

  • Les organisations (ONG, syndicats...) : le processus de mondialisation et les dynamiques qui l'accompagnent sont par ailleurs largement contestés. On a ainsi successivement parlé « d'antimondialisme » dans les années 1990 (mouvement opposé à la mondialisation et surtout au capitalisme), puis « d'altermondialisme » (mouvement qui conteste l'orientation libérale de la mondialisation et cherche à la réguler) et enfin de « démondialisation » (mouvement qui prône un retour au national, notamment en terme de production). Ces mouvements sont le plus souvent emmenés par des intellectuels (l'économiste Jacques Sapir, le géographe D. Harvey...), des syndicats, des associations et surtout des ONG qui font du lobbying auprès des pouvoirs politiques et cherchent à mobiliser l'opinion : Greenpeace (1971), ATTAC, Oxfam, Médecins du monde, les Indignés,Occupy Wall Street... Les thèmes abordés sont très variés : santé, éducation, droits de l'homme, environnement... Pour se faire entendre de l'opinion publique, ces ONG organisent des actions militantes, des campagnes d'informations/de sensibilisation (comme ATTAC sur la taxation financière ou Oxfam sur la dette des pays du Sud ou sur les paradis fiscaux, sur le travail des enfants) ainsi que de grands forums de discussion, le plus important étant le forum social de Porto Alegre au Brésil (en réponse au forum économique de Davos en Suisse) qui regroupe depuis 2001 plus de 60 000 personnes venant de plus de 120 pays tous les ans.

Affiche d'Occupy wall Street

 

=> Ces organisations témoignent de l'émergence d'un embryon de société civile internationale et sont devenus des acteurs importants de la mondialisation, en contestant et/ou en s'opposant à la nature actuelle du processus. Le développement et la structuration de ces réseaux doivent d’ailleurs paradoxalement beaucoup à la mondialisation elle-même (NTIC, transports rapides, usage des médias et de la publicité).

Ces différents mouvements font ainsi un diagnostic assez similaire des effets de la mondialisation libérale et capitaliste.

  • aggravation des inégalités de richesse entre pays du nord et pays du sud (malgré l'émergence de certaines régions) mais aussi à l'intérieur des pays du nord où une partie de la population est paupérisée (25% de chômage en Espagne par exemple). Toutefois, la mondialisation a aussi entraîné le développement de certaines régions du monde (comme le littoral chinois)

  • coût environnemental important lié à la multiplication des flux, à l'industrialisation et à l'exploitation des ressources liées à nos modes de production. Toutefois, le processus de mondialisation a également permis la prise de conscience des enjeux environnementaux à l'échelle du globe (comme avec le protocole de Kyoto de 1997, entré en vigueur en 2005 et aujourd'hui ratifié par près de 170 pays)

  • aggravation des risques de crises systémiques liée à l'interdépendance croissante des territoires et à la domination du capitalisme financier.

  • Uniformisation culturelle et marchandisation du monde liées à l'influence croissante des FTN. Toutefois, la mondialisation a également tendance à renforcer l'échelle locale en la désenclavant, c'est à dire en la connectant au mondial mais parfois aussi en attisant des formes de repli identitaire.

 

Les alternatives altermondialistes.

 

Si ces mouvements n'ont pas de réponse/discours unique, il s'accordent tous sur l'idée « qu'un autre monde est possible » et sur quelques grands principes : taxation des flux financiers, économie solidaire/équitable, développement durable, microcrédit (lancé en 1976 par le bangladais Muhammad Yunus et qui concerne aujourd'hui 190 millions de personnes dans le monde)... Soucieuse de leur image, des firmes cherchent à témoigner de leur efforts dans les domaines du social et de l'environnemental (comme Danone qui vend des yaourts à très bas prix en Inde pour lutter contre malnutrition).

 

Pour s'y retrouver dans cette multitude d'acteurs, il est possible d'envisager le classement suivant :

  • ceux qui approfondissent le processus : FMN, réseaux criminels, diasporas, individus, organisations internationales...
  • ceux qui cherchent à réguler/freiner le processus : ONG, État (enfin, certains!), ONU...

 

4. Quelles frontières dans un monde ouvert ?

 

La mondialisation et l'explosion des flux posent la question du rôle des frontières dans un monde ouvert. En effet, la création d'organisations régionales a atténué le rôle des frontières nationales en laissant circuler librement les marchandises, les capitaux et parfois les hommes. Les contrôles d'entrée ont ainsi été repoussés à l'extérieur, comme c'est le cas pour l'espace Schengen.

Toutefois, le « monde sans frontière » que laisse imaginer l'approfondissement de la mondialisation est encore loin. Au contraire, on peut même constater un renforcement de ces frontières. En effet :

  • le nombre de frontières a augmenté depuis les années 1990 : on est ainsi passé de 156 Etats en 1975 à 194 aujourd'hui (pour 254 000 km de frontières). La disparition de l'URSS et du bloc soviétique est largement responsable de ce phénomène, comme en témoigne le cas de l'ex Yougoslavie. En outre, certaines régions prospères, en raison d'une rente de situation liée à la présence de ressources du sous-sol (comme en Ecosse avec le pétrole) ou bien grâce à une bonne intégration à la mondialisation (comme la Flandre, l'Italie du nord ou la Catalogne), rechignent à partager leur richesses avec le reste du territoire de leur nation et développe un discour autonomiste et /ou indépendantiste. Cette tentation indépendantiste croissante risque ainsi de renforcer la fragmentation politique du globe.

  • Les frontières sont de plus en plus surveillées. Si les capitaux et les marchandises  circulent en faisant largement abstraction des barrières étatiques, il n'en est rien des hommes (sauf dans le cas des Etats faisant partis de l'espace Schengen). En effet, le contrôle frontalier de nombreux Etats se resserre afin de se protéger du terrorisme, des trafics illégaux ou encore de l'immigration clandestine.

 

Opération de l'agence frontex (2012)

 

- C'est par exemple le cas avec la « forteresse » européenne où a été mis en place l'agence Frontex (agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l'Union européenne) qui est responsable de la coordination des activités des douaniers dans le maintien de la sécurité des frontières de l'Union avec les États non membres depuis 2005. Frontex coordonne les patrouilles maritimes italiennes, grecques et maltaises, aide les polices espagnols... En outre, l'attribution des visas dans l'UE, théoriquement individuelle, se fait désormais au nom de critères collectifs (nationalité d'origine). L'attribution ou non du visa ne dépendant donc plus de la situation de l'individu mais est fonction de l'appartenance de cet individu à des États plus ou moins dangereux (cf liste noire européenne). Enfin, l'UE s'est doté du Système d'Information Schengen (SIS), vaste banque de donnée partagé par les États-membres contenant des informations sur des objets (voitures volés, armes à feu...) et sur des personnes (état civil, signes physiques particuliers, motif de leur signalement...).

- C'est aussi le cas au Etats-Unis, le long de la frontière avec le Mexique où se construit un mur visant à empêcher les migrants de pénétrer sur le territoire américain (cf le projet de D. Trump)

 

Mur de séparation États-Unis Mexique (Arizona)

 

- Du fait de cette surveillance accrue, le nombre de migrants illégaux (les sans papiers) a progressé. Ils risquent parfois leur vie pour rejoindre les régions qu'il considère comme des « eldorado ». C'est par exemple le cas en mer Méditerranée où les migrants africains qui cherchent à rentrer dans l'UE traversent au niveau des détroits (Gibraltar, Sicile) dans des embarcations de fortune et après des semaines/mois de voyages épuisant. C 'est aussi le cas dans le désert entre le Mexique et les États-Unis.

  • Les frontières sont également renforcés dans les synapses du territoire que sont les hubs portuaires et surtout aéroportuaires, où contrôles multiples et files d'attente se sont multipliés depuis les années 1970.

  • Les frontières restent des zones de tensions géopolitiques : au Cachemire entre l'Inde et le Pakistan, au Moyen-Orient entre Israël et la Palestine, entre l’Éthiopie et l’Érythrée...

  • Les frontières jouent enfin un rôle fondamental dans la DIT/DIPP actuelle. Les acteurs de la mondialisation jouent largement sur le différences qui existent de part et d'autre des frontières, aussi bien en terme de niveau de développement que de fiscalité ou de droit du travail.

Loin de disparaître, les frontières restent donc des lieux stratégiques de l'espace mondiale, notamment en tant qu'interface plus ou moins ouverte.

 

Rédigé par Team Histoire-Géo

Publié dans #cours geo

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