Où investir sur le continent africain?

Publié le 27 Mai 2020

Où investir sur le continent africain?

 

 

Le continent africain connait actuellement les niveaux de croissance économique les plus soutenus de la planète. Toutefois, les situations sont très disparates d'un État à l'autre et les risques demeurent élevés pour les acteurs économiques internationaux. Alors, où investir en Afrique?

Réponse avec ce petit jeu géo-économique...

 

DOCUMENTS :

 

Document 1 : "Investir en Afrique : un pari risqué?", (portail de l'IE - centre de ressources et d'information sur l'intelligence économique et stratégique, novembre 2017).

"Malgré des prévisions de croissance encourageantes à l’échelle continentale (3,4% en 2017, près de 3,6% en 2018) et la progression des investissements étrangers, notamment dans le secteur tertiaire, 82% des chefs d’entreprises français estiment que l’insécurité à l’international est une préoccupation majeure. L’Afrique est ainsi fréquemment perçue comme un catalyseur de risques susceptibles de freiner les velléités africaines des entreprises françaises. Aussi, l’Afrique ne peut être analysée comme un bloc monolithique. La diversité des contextes africains est grande, les risques associés à ces contextes diffèrent également. (...)
L’Afrique incarne parfaitement les tendances dessinées par le cabinet de conseil Control Risk. Ce dernier montre l’attractivité et la rentabilité qu’offrent les zones géographiques les plus enclins à l’instabilité politique et sécuritaire.  En effet, désormais, près de 30% du PIB mondial provient de zones dont l’instabilité politique ou sécuritaire est chronique. Paradoxalement ces zones sont souvent très pourvoyeuses de croissance économique. L’enjeu est donc de mesurer et d’apprivoiser les risques pour ne pas renoncer d’office à des marchés porteurs sur le continent africain. Par exemple, le risque terroriste s’est accru depuis 2015 en Afrique francophone. Le Burkina Faso doit faire face aux intrusions d’AQMI sur son territoire par les frontières partagées avec le Mali et le Niger. Le pays a déjà essuyé plusieurs attentats et l’évolution de sa situation politique est incertaine. La Côte d’Ivoire connaît également des difficultés politico-sécuritaires. On note des mouvements récents de contestation, une dégradation sécuritaire à la frontière avec le Libéria et une menace terroriste accrue. Pourtant, ces deux Etats figurent dans le Top 10 des pays africains les plus attractifs pour les investisseurs en 2017, avec des croissances respectives de 7% et 6,9%.
Les facteurs macro-environnementaux influencent les entreprises. Dans un environnement où elles n’ont peu ou pas de pouvoirs, elles doivent anticiper les menaces à venir. Il semblerait que l’investissement en Afrique soit un pari de taille : risques ethnocentriques, psychosociaux, politiques et sécuritaires, économiques, bancaires et financiers, démographiques, juridiques … sont des risques à prendre en compte dans l’environnement de l’entreprise avant d’envisager une telle stratégie. (...)

Les risques politiques et sécuritaires
Les risques politiques et sécuritaires peuvent être approchés simultanément. Il est important de bien identifier les sources principales de violences sur le continent africain. Elles sont au nombre de trois : le terrorisme transfrontalier, les conflits ethniques et les processus électoraux.
Le risque terroriste s’incarne dans l’activité de groupes terroristes dans différentes régions : Ansar Dine et Mujao au Nord-est du Mali, AQMI dans la bande sahélienne, Boko Haram dans le Nord du Nigéria, les islamistes shebabs en Somalie et partiellement en Ethiopie et au Kenya.
Le terrorisme transfrontalier est de nature à entretenir l’instabilité des Etats qui y sont confrontés. Il doit faire l’objet de mesures préventives de la part des entreprises.
Les pays les plus exposés au risque terroriste et les plus à risque en Afrique sont le Soudan, le Nigeria, l’Algérie, la Libye, l’Egypte, la Centrafrique, le Mali, le Niger et la Somalie. Sur les voies maritimes, les menaces les plus élevées se trouvent dans la Corne de l’Afrique et dans le golfe de Guinée. Sur le plan politique, l’Afrique compte 11 des 20 pays qui sont les plus susceptibles de connaître une situation conflictuelle.
Les processus électoraux sont également largement pourvoyeurs de tensions, à caractère régulièrement ethnique. A titre d’exemple, en 2018, les élections au Gabon en avril, en Guinée-Equatoriale en mai, au Mali et au Togo en juillet, au Rwanda et en Guinée en septembre, au Cameroun en octobre, en Mauritanie en novembre, sont autant d'événements dont il convient d’évaluer les répercussions potentielles, sur le domaine politique et économique de ces Etats. Elles impactent inévitablement le climat des affaires jusqu’à l’échelle régionale en cas de crise majeure.
Les trois principaux éléments susceptibles de menacer directement une entreprise française sont le Kidnap and Ransom (KNR), l’attentat terroriste et la guerre civile. Les grandes entreprises sont davantage sujettes aux enlèvements en raison du fait qu’elles peuvent être jugées comme agissant contre l’intérêt local.

Les risques économiques, financiers et bancaires
Concernant le dynamisme économique, on peut constater qu’il existe une forte hétérogénéité entre différentes régions et sous-régions en Afrique. La croissance du PIB était plus forte en 2016 en Afrique de l’Est (5,3%) et en Afrique du Nord (3%) alors qu’en Afrique de l’Ouest (0,4%), la récession qui touche le Nigéria ralentit le dynamisme régional. De leurs côtés, à la même période, l’Afrique australe et l’Afrique centrale demeuraient respectivement à 0,4% et 0,8% de croissance. Néanmoins, il serait hâtif de juger que ce ralentissement soit de nature à inciter les entreprises à ralentir leurs investissements en Afrique. En effet, la perspective économique globale de l’Afrique dépend largement de la performance de ses géants économiques. Par exemple, l’Afrique du Sud, le Nigéria et l’Egypte représentent à eux seuls plus de 50% du PIB africain. Un ralentissement de la croissance de ces pays (en raison de la baisse du cour du pétrole, notamment) ne doit pas inviter à tirer des conclusions hâtives sur la santé économique de tout le continent.
Les pays non-exportateurs de pétrole ont conservé, en majorité, une croissance positive, notamment en zone francophone. Il est prévu que le continent bénéficie dans l’année à venir d’une augmentation du cours des matières premières et d’une hausse de la demande interne. Cela sera de nature à relancer les investissements et l’attractivité des territoires, notamment pour les grands producteurs de pétrole (Nigéria, Angola, Algérie, Egypte).
Les risques financiers reposent sur l’endettement chronique d’un certain nombre d’Etats africains. Les risques souverains demeurent à un niveau très élevé, notamment en Afrique subsaharienne. Les baisses conséquentes du cours des matières premières en sont la source principale. Certains Etats, dont la balance commerciale subit dans le même temps un déséquilibre, peuvent courir le risque du défaut de paiement sur leur dette internationale. Actuellement, le Mozambique, la République démocratique du Congo, le Nigéria et l’Angola se trouvent dans des situations financières délicates. Quatre pays ont en revanche progressé sur le plan financier récemment : ce sont le Cap-Vert, le Kenya, le Nigéria et le Rwanda.
Concernant les risques bancaires, on note dans l’Afrique subsaharienne un climat tendu. En effet, de nombreuses banques de taille moyenne ont rencontré des difficultés, notamment en RDC et au Kenya. Les zones Franc CFA ne sont pas à l’abri de ces risques. La source de ces crises bancaires vient de l’attachement culturel à l’argent liquide et la multiplication des banques en Afrique subsaharienne. Nombreuses sont les banques africaines qui trouvent leur financement en dehors des circuits des banques centrales. La grande marge de manœuvre des banques et la progression des ratios crédits-dépôts peuvent présenter un danger en cas de manque de liquidités ou de dévaluation de portefeuilles. Il est à noter que dans l’ensemble, les banques subsahariennes ne sont pas placées sous un contrôle strict et que les réglementations sur les cas de faillite sont peu précises.  

Les risques démographiques
Le défi essentiel de l’Afrique au cours du XXIe siècle sera certainement la gestion de sa démographie. L’Afrique devrait voir sa population doubler d’ici 2050 (actuellement 1,2 milliards d’habitants)et l’âge médian de cette population sera environ 25 ans. Cette démographie galopante met l’Afrique face à un enjeu crucial de développement afin de limiter les risques inhérents à cette croissance exponentielle. L’accès à l’eau, à l’électricité et le développement des infrastructures seront décisifs pour relever le défi de la sédentarisation. En 2060, l’Afrique subsaharienne comptera davantage de jeunes que tous les pays du G20, soit 1,4 milliards. A l’heure actuelle, les jeunes africains de moins de 25 ans représentent 36% de la population en âge de travailler et 60% des chômeurs. En outre, les prévisions d’émigration africaine vers l’Europe sont conséquentes et pourraient compliquer les relations entre les deux continents. La fixation des populations, par l’emploi et le développement économique, est l’enjeu majeur de l’Afrique. Les entreprises françaises ont leur rôle à jouer dans le développement du secteur tertiaire, de l’innovation et des infrastructures, de par leurs savoirs-faire variés.

Les risques juridiques
Sur le continent africain, la corruption est largement répandue. Mais ce sont les PME qui sont particulièrement exposées et les services publics ne sont pas toujours armés face à ces dérives. Chaque année, près de 150 milliards d’euros disparaissent en Afrique à cause de la corruption.
Aussi, les règlementations européennes retranscrites dans le droit français visant à la moralisation des affaires sont beaucoup plus strictes que les réglementations africaines ou asiatiques. Cela produit une asymétrie désavantageuse pour les entreprises françaises face à leurs concurrents.

 En définitive, les défis pour les entreprises françaises dans le macro-environnement africain sont de tailles, en particulier en termes sécuritaires. Néanmoins, s’il est établi que les zones les plus attractives recoupent souvent celles qui sont en proie à des instabilités, il convient d’envisager la mise en place d’une stratégie visant le réel, la compréhension du contexte local et une approche terrain en s’appuyant sur un réseau de qualité. L’Afrique francophone est un réservoir essentiel pour les entreprises françaises de potentialités (85% des francophones en 2050, 700 millions de locuteurs). Elles auraient donc tort de ne pas étudier l’Afrique de l’Est. Des pays comme le Kenya, la Tanzanie, l’Ouganda et le Mozambique sont très dynamiques. Enfin, les Français bénéficient étonnamment d’une très bonne image dans l’Afrique anglophone et lusophone, alors même que les puissances concurrentes ne bénéficient pas des mêmes facilités en zone francophone."

Source : https://portail-ie.fr/analysis/1656/jdr-investir-en-afrique-un-pari-risque

 

Document 2 : Les risques politiques et sécuritaires en Afrique (controlrisks.com, 2020).

Source : https://www.controlrisks.com/riskmap/maps

 

Document 3 : "Afrique : où aller pour ses affaires ?" (Viviane Forson, lepoint.fr, février 2020).

« Où investir en Afrique en 2020 ? ». Voilà une question à laquelle il n'est pas toujours évident de répondre. À moins de plonger dans les statistiques, les tableaux, les données de plusieurs dizaines d'institutions africaines et internationales. Et encore, ces informations ne sont pas toujours vérifiables, alors que la dimension informelle des économies africaines n'est pas toujours prise en compte. La banque sud-africaine Rand Merchant Bank (RMB) fondée en 1977, présente dans douze pays, plonge depuis neuf ans dans toutes les publications d'organismes multilatéraux, d'agences de notation et d'instituts de recherche privés pour en sortir un rapport annuel fortement documenté de près de 365 pages. Ce rapport qui porte sur différents secteurs (mines, industrie, énergie, télécommunications…) analyse, point par point, les sources pour établir un classement final des dix pays les plus attractifs.

L'Égypte en pole position devant le Maroc
« L'Égypte conserve sa première place dans notre classement et le Maroc prend la deuxième position devant l'Afrique du Sud. Certains pays comme la Tanzanie ont chuté dans le top 10, ouvrant la voie à d'autres pays, comme la Tunisie, la Côte d'Ivoire ou encore le Ghana, qui se rapprochent de plus en plus des cinq premiers », écrivent les analystes de RMB au sujet du critère de l'attractivité. Ainsi, d'après le classement général, les dix pays les plus attrayants pour investir en Afrique en 2020 sont : l'Égypte, le Maroc, l'Afrique du Sud, le Kenya, le Rwanda, le Ghana, la Côte d'Ivoire, le Nigeria, l'Éthiopie et la Tunisie.

Du Maroc à la Guinée : des trajectoires différentes
Comment expliquer la remontée du Maroc ? Cinquième marché africain, avec un taux de croissance attendu de 4 % à moyen terme, le royaume chérifien a amélioré son environnement économique grâce à sa réintégration dans l'Union africaine et son adhésion à la Communauté des États de l'Afrique de l'Ouest. En plus, il n'y a pas vraiment de risque à l'horizon dans le pays, puisque le Maroc « restera dépendant de l'Europe, par le tourisme, étranger ainsi qu'aux investissements directs étrangers, sans oublier les envois de fonds ».
Quant à la Côte d'Ivoire, son économie est, d'après la RMB, l'une des plus diversifiées d'Afrique francophone. Seul bémol, le pays présente des risques politiques élevés tandis que sa dette augmente. En queue de peloton du classement général figurent le Soudan du Sud, le Liberia, le Burundi, la Somalie et la Guinée équatoriale.
Mais il y a aussi les pays qui ont enregistré les gains les plus importants, avec des progrès dans certains aspects : Djibouti a grimpé de dix places, le Mozambique remonte de huit places et la Guinée gagne sept places.

Des avancées notables et des reculs surprenants
RMB propose aussi une perspective des pays qui vont connaître une forte croissance entre 2019 et 2024. En tête, on trouve le Sénégal avec un taux de croissance moyen de 8,2 % devant le Rwanda (+ 7,8 %) et l'Éthiopie (+ 7,2 %). Pour s'y retrouver, Rand Merchant Bank propose aussi une grille de lecture autour de la taille du marché. C'est encore l'Égypte qui arrive en tête avec un marché de 1,4, viennent ensuite le Nigeria et l'Afrique du Sud. La plus grande surprise de ce classement est le recul de l'Éthiopie. Ce champion de la croissance a perdu cinq places pour se retrouver en neuvième position. Tout comme la Tanzanie, le géant d'Afrique de l'Est a perdu des points sur le critère de la facilité de faire des affaires. (...)

Source : https://www.lepoint.fr/afrique/afrique-ou-aller-pour-ses-affaires-27-02-2020-2364820_3826.php

 

Document 4 : L'indice de développement humain des États africains (2018)

 

Document 5 : Les réseaux de transports en Afrique subsaharienne (Faq Logistique / Infhotep, 2016)

Doc 5a : Le transport maritime : les infrastructures les plus dynamiques en Afrique.

Doc.5b : Le transport routier : Un outil de développement du transport multimodal

Doc.5c : Le transport ferroviaire : un enjeu fort pour l’industrialisation des campagnes

Source : https://www.faq-logistique.com/Infothep-Transports-Afrique-Enjeux-Perspectives-Dynamisme.htm

 

Document 6 : Des ressources stratégiques pour le marché mondial (monde-diplomatique.fr, 2010)

Source : https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/ressourcesstrategiques

 

Document 7 : Les principaux "tech hub" en Afrique (worldbank.org, 2014)

Un "tech hub" est un espace réunissant des entreprises du secteur des nouvelles technologies (des startups), des investisseurs, des décideurs et des "community builders" dans le but d'aider au développement de l'activité des startups.  Il peut s'agir d'un territoire spécifique (comme la Silicon Valley), d'un quartier ou même simplement d'un bâtiment.

Source : https://blogs.worldbank.org/digital-development/tech-hubs-across-africa-which-will-be-legacy-makers

 

Document 8 : Les investissements industriels en Afrique (trendeo.net, 2018)

Doc.8a : principales villes pour le nombre de projets industriels, les emplois créés et le montant des investissements reçus.

Doc.8b : principaux secteurs d'activités par nombre de projets, emplois créés et montants reçus.

Source : http://www.trendeo.net/en/industrial-and-high-value-investments-in-africa-2016-2018/

 

Document 9 : La France-Afrique (monde-diplomatique.fr, 2019)

Source : https://www.monde-diplomatique.fr/mav/165/A/59918

 

Document 9 : Les pays d'Afrique les plus vulnérables aux maladies infectieuses. (jeuneafrique.com)

Source : https://www.jeuneafrique.com/895833/societe/cartes-coronavirus-quels-sont-les-pays-africains-les-plus-exposes/

 

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EXERCICE :

 

Réalisez un dossier pour convaincre un investisseur de financer votre projet d'entreprise en Afrique. Vous devez pour cela :

- inventer une entreprise, définir son secteur d'activité...

- choisir dans quel pays (quelle ville) vous comptez vous implanter et justifiez votre choix.

Le meilleur projet remportera une bourse de 10 000$ de la part du lycée et de la région Île de France.

Rédigé par Team Histoire-Géo

Publié dans #Afrique, #Exercice

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