La frontière entre les deux Corées : approche géopolitique (fin)

Publié le 8 Février 2022

III - GÉOPOLITIQUE DE LA FRONTIÈRE  ENTRE LES DEUX CORÉES : GÉOPOLITIQUE-FICTION

 

=> La frontière coréenne, une source de tensions géopolitiques?

=> A quelles échelles s'expriment les tensions géopolitiques liées à la séparation des deux Corées?

 

Vue satellite de la frontière coréenne. Dans la partie centrale de l'image se trouve la ligne de démarcation militaire entourée par la Zone Démilitarisée. (cnes.fr)

 

Consignes de travail :

Une ogive nucléaire nord-coréenne vient de frapper le port sud-coréen de Busan. Le monde est au bord du cataclysme et tous les états-majors sont en alerte maximale...

A vous d'écrire la suite du scénario!

Pour cela, aidez-vous des documents ci-dessous :

- définissez les différentes échelles d'analyses.

- définissez les différents acteurs, leurs alliances diplomatiques et leurs moyens d'action.

- définissez les enjeux principaux pour chacun des acteurs.

 

Document #1a : la géopolitique coréenne, échelle nationale.

 

Document 1b : la géopolitique coréenne, échelle nationale.

 

 

Document 2 : "Xi Jinping en Corée du Nord : la Chine affirme son rôle stratégique", les-yeux-du-monde.fr, juin 2019

"La Chine, grand soutien de la Corée du Nord. La visite du président chinois en Corée du Nord était attendue après les quatre venues de Kim Jong-un à Pékin ces deux dernières années. Dans une tribune parue mercredi 19 juin dans le quotidien nord-coréen Rodong Sinmun, Xi Jinping annonce vouloir “renforcer la communication et les échanges stratégiques” entre les deux pays. Il déclare également soutenir la “construction socialiste” menée par Kim Jong-un. D’après le président chinois, celle-ci viserait à développer l’économie du pays et à améliorer l’existence de ses habitants. Les deux pays sont en effet proches politiquement. Les relations entre la Chine et la Corée du Nord sont en très bonne santé. C’est d’ailleurs la première fois que la visite d’un président chinois est qualifiée de “visite d’État”. De plus, la Chine, comme la Russie, est favorable à un allègement des sanctions qui pèsent sur l’économie nord coréenne. Xi Jinping plaide pour un assouplissement de ces dernières face à l’engagement de Kim Jong-un de suspendre ses essais nucléaires et balistiques. La visite de Xi Jinping a pour objectif d’entretenir son alliance avec un acteur régional qui gagne en importance depuis son rapprochement avec les Etats-Unis.

Une alliance stratégique face à Donald Trump. Officiellement, cette visite est l’occasion pour Pékin d’entretenir ses relations avec son voisin nord-coréen afin de contribuer à une stabilisation durable de l’Asie orientale. Si cet objectif est effectivement l’une des raisons du déplacement de Xi Jinping, elle n’est pas la seule. En effet, les deux dirigeants asiatiques font tous les deux face à une montée de tensions avec leur homologue américain. Les relations sino-américaines ont connu une importante dégradation depuis le début de la guerre commerciale lancée par D. Trump. Par ailleurs, le réchauffement diplomatique spectaculaire entre les États-Unis et la Corée du Nord connait également un revers. Les négociations sur l’arsenal nucléaire de Pyongyang se sont butés à l’entêtement des deux dirigeants lors du sommet d’Hanoï en février. Les discussions sont désormais gelées. Par cette visite officielle, le président chinois souhaite rappeler aux États-Unis sa place incontournable dans la région. Comme le souligne justement Scott Seaman, analyste au sein de Eurasia Group, “Xi veut que tout le monde reste parfaitement conscient qu’il peut influencer Kim et qu’aucun accord global et durable avec la Corée du Nord ne peut être conclu sans l’aide et l’approbation de la Chine”. Donald Trump souhaite obtenir un succès diplomatique avec la Corée du Nord. Pour cela, il a besoin du soutien de la Chine pour inciter Pyongyang à faire des concessions. Cela l’obligera peut-être à repenser sa stratégie commerciale incisive avec son partenaire chinois.

Cette “visite d’État” est donc une stratégie d’influence de la Chine au niveau régional et international. Elle est l’occasion pour Xi Jinping de rassurer son homologue nord-coréen dans le soutien de Pékin à son égard. Dans cette optique, la Chine a bloqué mardi à l’ONU une initiative américaine cherchant à empêcher les approvisionnements de pétrole raffiné à la Corée du Nord. Par ailleurs, alors que Xi Jinping fait face à d’importantes tensions au niveau interne avec l’amplification des manifestations à Hong Kong, cette visite est une opportunité de se réaffirmer sur la scène régionale. Et de permettre de détourner quelque peu l’attention."

 

Document 3 : la Corée du Nord, ses missiles et leur portée théorique.

 

Document 4 : la Corée du Nord, géopolitique régionale.

 

Document 5a : « Les missiles balistiques de Kim Jong-Un sont un message à Joe Biden », Pierre Haski, France Inter, le 28-01-2022

« Il y a plusieurs manières de passer des messages. Kim Jong-Un, le dirigeant nord-coréen, choisit pour sa part de les envoyer avec des missiles balistiques. Il en a lancés deux hier matin, qui sont tombés en mer, non loin de la Zone économique maritime du Japon. Depuis le début du mois de janvier, il en est à son sixième lancement, soit autant que pour l’ensemble de l’an dernier ; des missiles tirés à partir d’un sous-marin, d’un train, ou de terre, et même un missile hypersonique susceptible de changer de trajectoire en cours de route.
Nous sommes ici dans la provocation pure puisque la Corée du nord est en principe sous l’interdiction, votée par le Conseil de sécurité de l’ONU, de lancer des missiles balistiques ; mais Kim Jong-Un n’en a cure. Reste donc à décrypter le message qu’il a voulu envoyer avec ces tirs à répétition, et à qui ?
Kim Jong-Un s’adresse d’abord à Joe Biden, une manière d’attirer son attention en utilisant le seul moyen à sa disposition : son armement. Pourquoi le Président américain ? Il y a trois ans, la lune de miel entre Kim Jong-Un et Donald Trump prenait brutalement fin lors du Sommet de Hanoi, après un incroyable numéro de séduction qui a été à deux doigts d’aboutir. Depuis, plus rien, et le changement de Président à Washington n’a pas modifié la donne. Kim Jong-Un a besoin de desserrer l’étau des sanctions américaines contre son pays. Il avait entamé son règne avec un début d’ouverture économique apprécié par la population, mais il a dû admettre  récemment de nouvelles difficultés économiques sévères, aggravées par la fermeture du pays face au Covid. La Corée du nord présente ce paradoxe facilement explicable d’avoir développé son arme nucléaire et ses vecteurs balistiques tout en ayant une économie atrophiée : c’est un choix politique de consacrer le principal effort à la défense, afin d’assurer la survie du régime. Mais il aurait bien besoin aujourd’hui de la levée des sanctions.
En quoi lancer des missiles pourrait faire lever les sanctions ? Ca parait contre-intuitif, mais c’est la logique du régime. L’étalage de nouvelles armes est censé ramener les Américains à la table de négociations. Le problème est que l’administration Biden, échaudée par le jeu de dupe menée avec Trump, se dit prêts à rencontrer les Nord-Coréens, mais pour discuter dénucléarisation. Pas de levée des sanctions autrement. Mais c’est un pas que Pyongyang ne franchira pas : l’arme nucléaire, doublée de missiles capables de transporter des charges nucléaires, constitue l’assurance-vie d’un régime politique unique au monde. Y renoncer, c’est se suicider.
La dynastie Kim prospère sur le climat de tension ininterrompu depuis la guerre de Corée. Pour cette raison, Pyongyang n’est pas intéressé par l’offre du Président sud-coréen de conclure, enfin, le traité de paix qui n’a jamais pu être signé depuis la fin de la guerre, en… 1953 ! Le Président Moon espérait conclure avant l’élection présidentielle de mars. La réponse est venue des tirs de missiles de janvier. C’est à lui, aussi, que s’adressaient les messages balistiques de Kim Jong-Un. »

 

Document 5b : « Pourquoi la Corée du Nord lance-t-elle autant de missiles depuis le début de l'année ? », francetvinfo.fr, le 31-01-2022

« (…) Ces essais sont également, pour le régime nord-coréen, une réponse au contexte national. La Corée du Nord célébrera bientôt le 80e anniversaire de la naissance du père de Kim jong-un, Kim Jong-il, suivi du 110e anniversaire du dirigeant fondateur du pays, Kim Il-sung. Selon Cheong Seong-chang, du Centre d'études nord-coréennes de l'Institut Sejong, interrogé par l'AFP, il est essentiel de marquer ces événements avec une certaine "grandeur", notamment en montrant les armes testées par le pays. "Les anniversaires sont toujours importants. Cela joue un rôle [sur la décision de multiplier les essais], même si ce n'est pas le rôle le plus important", souligne Anthony Dufour. "Il y a toujours le facteur interne. Et comme on voit moins le leader du fait du Covid-19, remobiliser la population autour de quelques gestes symboliques peut également être important."
Lim Eul-chul, professeur d'études nord-coréennes à l'université Kyungnam de Séoul, estime aussi auprès de l'AFP que Kim Jong-un "considère le succès dans le secteur militaire comme la meilleure arme pour restaurer sa fierté, et élever son statut de dirigeant et celui de la nation au plus haut niveau". Les autorités nord-coréennes pourraient également chercher des bénéfices rapides face aux difficultés économiques du pays, poursuit le chercheur auprès de l'AFP. Kim Jong-un avait lui-même reconnu lors de ses vœux le 1er janvier que son pays faisait face à "une situation alimentaire tendue", avec des "problèmes d'alimentation, d'habillement et de logement".
Le contexte régional, avec l'élection présidentielle en Corée du Sud en mars ou les Jeux olympiques d'hiver de Pékin, ont également pu contribuer à ces séries d'essais. "Dans la mesure où les Nord-Coréens ont des missiles à tester pour améliorer leurs capacités militaires et envoyer des signaux avant l'élection présidentielle sud-coréenne du 9 mars, ils devraient probablement le faire avant les cérémonies d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin le 4 février" pour ne pas froisser la Chine, leur seul grand allié, explique auprès de l'AFP Leif-Eric Easley, professeur à l'université Ewha de Séoul. La récente décision nord-coréenne d'accepter également une aide chinoise pourrait avoir motivé ces tirs, "pour éviter de paraître faible", poursuit auprès de l'AFP Leif-Eric Easley. »

 

Rédigé par Team Histoire-Géo

Publié dans #HGGSP Première, #étude de cas

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