La démocratie à Athènes au Vème siècle avant notre ère.

Publié le 6 Avril 2021

LA DÉMOCRATIE A ATHÈNES AU Vème SIÈCLE AVANT NOTRE ÈRE.

(HGGSP Première)

 

Périclès prononçant son oraison funèbre par le peintre allemand Philipp Foltz (1852)

 

Dans l'Antiquité grecque, les différentes cités sont, dans leur grande majorité, des monarchies ou des oligarchies. Seule Athènes se distingue avec la mise en place au Vème siècle avant notre ère d'un régime politique original.

En effet, à partir des réformes de Clisthène en 508 av. n.e. qui instituèrent l'égalité des citoyens devant la loi (l'isonomie), Athènes invente la démocratie directe dans laquelle les citoyens sont invités à participer au gouvernement de la cité.

=> qui sont les citoyens?

=> en quoi peut-on parler d'une démocratie directe?

=> quelles critiques sont adressées aux institutions athéniennes?

 

Document #1 : citoyens et non-citoyens à Athènes.

 

Document #2 : citoyens et citoyenneté, Aristote, La Politique T.III, IVème siècle avant notre ère.

« Voici les traits caractéristiques du régime démocratique : choix de tous les magistrats parmi tous les citoyens; gouvernement de chacun par tous et de tous par chacun à tour de rôle; tirage au sort des magistratures, soit de toutes soit de toutes celles qui ne demandent ni expérience ni savoir; courte durée des magistratures; [...] souveraineté de l'assemblée dans tous les domaines. Il faut évidemment se demander tout d'abord ce que c'est que le citoyen, puisque les citoyens sont des éléments même de l’État. Ainsi, recherchons en premier lieu à qui appartient le nom de citoyen et ce qu'il veut dire [...]. On n'est pas citoyen par le fait seul du domicile; car le domicile appartient encore aux étrangers domiciliés (les métèques ndlr) et aux esclaves. [...] Les enfants qui n'ont pas encore atteint l'âge de l'inscription civique, et les vieillards qui en ont été rayés sont dans une position presque analogue, ils sont des citoyens incomplets. »

 

Document #2b : femme lavant le linge, pélikè du milieu du Vème siècle.

 

Document #3 : le fonctionnement des institutions de la démocratie athénienne.

 

Document #4 : la supériorité de la démocratie athénienne par Périclès, d'après Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, T.II

Dans l’Oraison funèbre prononcée en l’honneur des morts de la première année de la guerre du Péloponnèse (été 430 av. J.-C.), Périclès , fit l’éloge d’Athènes. Les Athéniens sont alors assiégés dans leur muraille par les Spartiates et ils subissent les ravages de la peste.

« Notre régime politique ne se propose pas pour modèle les lois d’autrui, et nous sommes nous-même, des exemples plutôt que des imitateurs. Pour le nom, comme les choses dépendent non pas du petit nombre mais de la majorité, c’est une démocratie. S’agit-il de ce qui revient à chacun ? la loi, elle, fait à tous, pour leurs différends privés, la part égale, tandis que pour les titres, si l’on se distingue en quelque domaine, ce n’est pas l’appartenance à une catégorie, mais le mérite, qui vous fait accéder aux honneurs ; inversement, la pauvreté n’a pas pour effet qu’un homme, pourtant capable de rendre service à l’État, en soit empêché par l’obscurité de sa situation. Nous pratiquons la liberté, non seulement dans notre conduite d’ordre politique, mais pour tout ce qui est suspicion réciproque dans la vie quotidienne: nous n’avons pas de colère envers notre prochain, s’il agit à sa fantaisie, et nous ne recourons pas à des vexations, qui, même sans causer de dommage, se présentent au-dehors comme blessantes. Malgré cette tolérance, qui régit nos rapports privés, dans le domaine public, la crainte nous retient avant tout de rien faire d’illégal, car nous prêtons attention aux magistrats qui se succèdent et aux lois – surtout à celles qui fournissent un appui aux victimes de l’injustice, ou qui, sans être lois écrites, comportent pour sanction une honte indiscutée. »

 

Document #5 : droits et devoirs du citoyen athénien : théorie et pratique.

 

 

Document #6a : une critique de la démocratie par Aristophane, Les Guêpes, 422 av. n.e.

Dans cette comédie, Aristophane met en scène Philocléon ("celui qui aime Cléon"), un citoyen athénien cupide et sévère qui prend plaisir à siéger à l'Héliée. En 425 av. n.e., Cléon avait augmenter l'indemnité du misthos pour siéger à l'Héliée.

« Ensuite, quand on m'a bien supplié et asséché de ma colère, j'entre et une fois dans l'enceinte [du tribunal], je ne tiens aucun compte de toute les promesses que j'ai pu faire, et je les écoute débiter tous les arguments possibles pour obtenir un acquittement. Croyez-moi : il n'y a pas un numéro que l'on ne fasse alors au dicaste (membre des tribunaux désigné par l'Ecclesia, ndlr). Voyez! Quelles caresses ne fait-on pas alors au juge? Les uns déplorent leur misère, et ajoutent des maux supposés à leurs maux réels, jusqu'à ce que leurs plaintes les égalent aux miens; les autres nous racontent des histoires; ceux-là disent quelques bons mots, pour me faire rire et désarmer ma rigueur. Si rien de tout cela ne me touche, ils amènent leurs enfants par la main, filles et garçons; j'écoute, et baissant la tête, ils bêlent tous ensemble. Le père, tremblant, me supplie comme un dieu de l'absoudre, par pitié pour eux. [...] Et nous alors, en sa faveur, nous relâchons un peu la rigueur de notre colère. N'y a-t-il pas là une grande puissance, et de quoi se moquer de la richesse? »

 

Document #6b : une critique de la démocratie par Aristophane, Les Cavaliers, 424 av. n.e.

Démos, personnage qui symbolise le peuple, est tombé sous l’influence d’un démagogue, un tanneur qui gouverne la cité par le mensonge et la flatterie. Un serviteur de Démos propose à un marchand d’andouilles de prendre la place du tanneur. Dans cette pièce, Aristophane s’en prend une fois de plus à Cléon, riche tanneur athénien, excellent orateur, qui domina la vie politique pendant sept ans jusqu’à sa mort en 422 av. n.e.

« PREMIER SERVITEUR : Homme heureux, homme riche ; aujourd'hui rien,   demain plus que grand, chef de la bienheureuse Athènes.

LE MARCHAND D’ANDOUILLE : Hé! Mon bon, que ne me laisses-tu laver mes tripes et vendre mes andouilles, au lieu de te moquer de moi ?

PREMIER SERVITEUR : Imbécile! Tes tripes! Vois-tu cette foule? (...). Tu seras le maître de tous ces gens-là et celui de l’Agora, du port et du Pnyx. Tu piétineras sur le Conseil. Tu casseras les stratèges. Tu les mettras en prison.

LE MARCHAND D’ANDOUILLE : Veux-tu me dire comment  moi, marchand  de  boudins, je puis devenir un jour ce qui s’appelle un personnage?

PREMIER SERVITEUR : Mais c’est justement pour cela que tu vas le devenir  parce que tu n’es qu’un propre à rien, un chevalier de soleil, un audacieux coquin (...).

LE MARCHAND D’ANDOUILLE : Mais bon, je n’ai pas fait d’études. Je connais mes lettres, et encore, tant bien que mal.

PREMIER  SERVITEUR : Pour gouverner le peuple, il ne faut pas un homme  pourvu d’une bonne culture et d’une bonne éducation. Il faut un ignorant doublé d’un coquin (...).

LE MARCHAND D’ANDOUILLE : Mais je ne vois pas comment je serai capable de gouverner le peuple?

PREMIER SERVITEUR : Rien de plus bête. Ne cesse pas de faire ce que tu  fais. Tu n’as qu’à tripatouiller les affaires comme tes  tripes,  et amadoue le  peuple en lui faisant une agréable petite cuisine de mots. Pour le reste, tu as ce qu’il faut pour faire un bon démagogue, à savoir : une voix de canaille, une origine misérable, des manières de vagabond. Je te dis que tu as tout ce qu’il faut pour la politique. »

 

Consignes de travail :

 

I - Cherchez et notez la définition des termes suivants (attention, pour certains termes, il ne faut pas se tromper de définition et prendre celle en rapport avec Athènes au Vème siècle!) :

citoyens - démagogue - Ecclésia - éphébie - hoplite - isonomie - liturgie - magistrat - métèque - misthos - monarchie - oligarchie - Pnyx - stratège

 

II - Rédigez une très courte biographie des personnages suivants. Vous pouvez évidemment utiliser Wikipédia mais sans faire de copier-coller et en insistant sur le rôle de ses personnages dans la vie politique athénienne :

Aristophane - Cléon - Périclès

 

III - A partir de l'analyse des documents ci-dessous, montrez que "la démocratie athénienne est une démocratie directe mais limitée et critiquée".

Pour cela, vous rédigerez trois paragraphes dans lesquels vous montrerez successivement que :

- Athènes est bien une démocratie => évoquer les notions, de "citoyen", "d'égalité" ainsi que celles de "séparation des pouvoirs" et de "souveraineté du peuple"

- la démocratie athénienne est directe => mettez en évidence la participation directe des citoyens au gouvernement de la cité en analysant le fonctionnement des institutions et les modes de nomination.

- la démocratie athénienne est partielle et critiquée : montrez les limites de la démocratie athénienne (une minorité des habitants seulement participe à la vie politique, l'égalité entre les citoyens n'est pas toujours respectée et le fonctionnement des régimes est imparfait).

Dans chacun des paragraphes, n'oubliez pas de citer les documents et d'apporter des connaissances (vocabulaire notamment)!

 

OU

 

Imaginez un dialogue entre citoyen athénien et un métèque (ou une femme) sur le modèle d'une pièce d'Aristophane.

- le citoyen y défend le régime athénien en mettant en évidence son caractère démocratique ainsi que la participation directe des citoyens aux affaires de la cité.

- le métèque (ou la femme) critique le régime athénien en insistant sur les limites de la démocratie (dysfonctionnements des institutions, habitants exclus de la vie politique...).

Si la forme est moins "rigide" que dans l'exercice précédent, les attentes sont identiques : exploiter au maximum les documents et apporter des connaissances personnelles.

 

 

Rédigé par Team Histoire-Géo

Publié dans #HGGSP Première, #étude de cas

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