Plan détaillé: l'historien et les mémoires de la Seconde Guerre mondiale

Publié le 22 Octobre 2014

1. Accroche : « Vichy, un passé qui ne passe pas » (Henri Rousso), les Fçs ont du mal à passer ....

2. Cadre lexical :

- ...de la mémoire*, une approche affective (et polémique) du passé...

- ...à l'histoire*, une approche froide et objective.

- Car la SGm en France : un conflit qui a profondément divisé la nation*.

> a induit et refoulé différentes mémoires, selon les époques et les groupes

L'historien doit non seulement retrouver la vérité des faits,

mais analyser ces mémoires comme reflets de points de vue divers et en évolution.

3. Cadre spatio-temporel

- Non pas 1939-45, mais de 1945 à nos jours (donc les 70 dernières années)

  • 1945 : Fce sort traumatisée de la Sgm
  • Auj, Sgm un objet « froid » (alq la Guerre d'Alg ne l'est pas encore)

4. Problématique et Plan... chrono-thématique

Pbtq : Quelles mémoires ont été construites de la Sgm en Fce depuis 1945 ?

I 1945 – années 1960 : le mythe résistancialiste ou l'histoire refoulée

II Années 1970-95 : la mémoire retrouvée grâce à la critique historique

III Depuis 1995 : des mémoires pacifiées par l'histoire

I 1945 – années 1960 : le mythe résistancialiste ou l'histoire refoulée

A. 1944- 1945, l'épuration en France manifeste le traumatisme laissé par la SGm

= répress° des collaborateurs : sauvage (exécution de 9 000 collabos été 44), puis légale-130 000 procès officiels > 1500 exécut° et 40 000 emprisonnements , dont celui de Pétain

< Une défaite cuisante (débâcle de mai-juin 1940, armistice du 22 juin 1940, “victoire” obtenue seulement grâce aux Alliés)

< L'Etat autoritaire de Vichy (La IIIe République s'est sabordée : juillet 1940, le Parlement vote les Pleins Pouvoirs à Pétain créant l'Etat français : un régime autoritaire autour de la devise T.F.P. remplace la démocratie et sa devise L.E.F.

B. La Collaboration est condamnée, niée, refoulée. L'amnésie remplace la mémoire.

= la participation active de Français au génocide et à l'arrestation de résistants.

>Quelques éléments deviennent des angles morts de la mémoire :

  • oct 1940 : 1er statut des Juifs, puis rencontre de Montoire et début officiel de la Collaboration
  • 16 juil 42, rafle du Vel d'Hiv : 12 000 Juifs arrêtés par la police parisienne dont femmes et enfants
  • 1942-43 : occupation de la Zone Libre, création de la Milice (police politique française)
  • Bilan : 76 000 Juifs français déportés (25% des Juifs français)

C. Une mémoire résistante au service de l'unité nationale

  1. Une mémoire d'Etat, officielle

  • de Gaulle, au pouvoir en 1944-46, puis 1958-69
  • la Ive Rep (1946-58), qui a besoin de dirigeants (Mitterrand l'accomodant)
  • les Communistes, puissants de 44 à 1958, (1/3 des voix sous la Ive Rep), soucieux de faire oublier le pacte germano-soviétq

> Par des commémorations nbses (Mont Valérien, discours, monuments etc.) (commémorer, càd célébrer publiquement un souvenir > faire entrer dans la mémoire collective)

2. Une exaltation de la résistance, qui gomme la collaboration et le génocide . Quelques exemples (en retenir 2 ou 3)

  • (1946) La bataille du rail (film, René Clément) = héroisation de la résistance
  • (1947) Si c'est un homme (livre, Primo Levi) : aucun succès
  • (1951-54) Lois d'Amnistie des faits de collaboration (acte juridique qui exige d'oublier, donc interdit d'évoquer ou de sanctionner des fautes passées.)
  • (1954) Histoire de Vichy (livre de l'historien Robert Aron)> idée que De Gaulle et Pétain ont joué un rôle complémentaire pour la défense de la France, comme « le glaive » (DG) et le « bouclier » (P), en minorant la collaboration (p. 103)
  • (1955) Nuit et Brouillard (film documentaire, Alain Resnais) : montre une déportation qui a touché essentiellement les résistants (amalgamés aux Juifs) - Les détails montrant la collaboration française sont censurés par le gvmt. p. 100-101

II Années 1970 - 1995 : la mémoire retrouvée, grâce à la critique historique

A. Le « retournement » (la fin des blocages )

1. Sur le génocide,

  • - Le tournant : 1961 Procès Eichmann (en Israël, contre un haut responsable nazi)
  • = réveil général de la mémoire du génocide juif, idée qu'on peut et doit en parler
  • >(France) 1985 Shoah (film documentaire, Claude Lanzmann) = mémoire des persécut° juives (fondée sur des témoignages contemporains sans film d'archives). p. 95/4

2. Sur la collaboration

  • le tournant, symbolique, 1970, la mort de dG

  • (1971) le Chagrin et la Pitié (film, Marcel Olphus) = Documentaire simple sur la France occupée, qui a collaboré au quotidien. = brise l'image d'une Fce unanimement résistante et héroïque. Film refusé à la TV. Gd succès en salle. p. 92/1

  • (1973) La France de Vichy (livre de l'historien américain Robert Paxton) = l'historien montre le rôle actif de la Fce ds la déportation et les répressions. p. 93/2

B. De nouvelles polémiques

(anecdotique) 1982 Papy fait de la résistance (film, Jean-Marie Poiré) : dérision de la résistance

  • Années 1980, essor des thèses négationnistes* : négation de l'existence des chambres à gaz > du génocide > du crime commis contre l'humanité ((Idée développée par l'université de Lyon dans les années 1980 )

  • en réaction, poursuites judiciaires et procès télévisés d'anciens pro-nazis (ntmt par l'avocat Serge Klarsfeld – p. 92 et 103) pour montrer la réalité de la collaboration antisémite

>(1987) Klaus Barbie (chef all de la Gestapo à Lyon > crime contre l'humanité, prison à perpétuité)

> (1994) Procès télévisé de Paul Touvier (chef fr. de la Milice lyonnaise ; plusieurs fois gracié ou protégé jusque dans les années 1970 > prison à perpétuité)

  • 16 juill 1990 Loi Gayssot contre le négationnisme, révisée en 2011 pour tous les génocides. (puis d'autres lois mémorielles*, imposant un point de vue de l'Etat sur l'histoire

III Depuis 1995 : des mémoires pacifiées par l'histoire

A. La repentance*

  • 1995 Discours du PdR J. Chirac au Vel d'Hiv p. 93, 4 et 6 "il est dans la vie d'une nation des moments qui blessent la mémoire...Oui, la folie criminelle de l'occupant a été secondée par des Français par l'Etat français".

http://www.wat.tv/video/vel-hiv-chirac-video-vel-hiv-2bqkh_2ey7h_.html

= reconnaissance officielle de « la responsabilité de la Fce dans le génocide » et excuses

> instauration du 16 juill comme Mémorial

  • Multiplication des expositions, des témoignages au nom du « devoir de mémoire »

> jusqu'à l'excès (par ex : N. Sarkozy impose la lecture obligatoire de la lettre de Guy Moquet, jeune fusillé...emprisonné pour son communisme plus que sa résistance)

B. Une vision plus nuancée

  • (1997-98) procès Maurice Papon (Secr Général de la Préfecture de Bordeaux ; ) p. 98-99, ntmt 99/6 10 ans de réclusion pour “complicité” de crime contre l'humanité : a agit par obéissance, alq aurait dû désobéir

  • Typologie des Franças sous l'Occupation : qqs “collaborationnistes”, une majorité d'”attentistes”, des des “vichyssois résistants” , des "résistants ponctuels »...

  • Une approche pacifiée : cf commémoration des 70 ans du débarquement, le 6 juin 2014: « la commémoration de la paix », plus 20 chefs d'Etat et de gvt, dont l'Américain Barack Obama, le Russe Vladimir Poutine, la reine d'Angleterre et l'Allemande Angela Merkel, en hommage à "toutes les victimes du nazisme"

Conclusion :

  • Plusieurs mémoires de la Sgm en Fce, pcq plusieurs acteurs : résistants, juifs, collabos, majorité attentiste.... Parmi ces mémoires, la mémoire d'Etat, la mémoire officielle, est particulière, pcq responsable de l'unité de la nation, et a connu une évolution importante.

  • L'histoire a besoin de ces mémoires, mais prend du recul > L'histoire est un remède contre les abus de mémoire... A pacifié les mémoires de la Sgm, doit encore le faire pour la Guerre d'Algérie.

Rédigé par Team Histoire-Géo

Publié dans #plans détaillés, #cours histoire

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