La frontière entre les deux Corées : géopolitique-fiction (fin) - jalon

Publié le 17 Mars 2026

Jalon :

LA FRONTIÈRE ENTRE LES DEUX CORÉES : UNE FRONTIÈRE FERMÉE (fin)

 

III - GÉOPOLITIQUE DE LA FRONTIÈRE  ENTRE LES DEUX CORÉES : GÉOPOLITIQUE-FICTION

 

=> La frontière coréenne, une source de tensions géopolitiques?

=> A quelles échelles s'expriment les tensions géopolitiques liées à la séparation des deux Corées?

 

Kim Jong-un passe les troupes nord-Coréennes en revue.

 

Exercice de géopolitique-fiction :

 

Quoi ? Le 27 juillet 2026, jour anniversaire de la signature de l'armistice de Panmunjon, un missile nucléaire nord-Coréen frappe la ville portuaire de Pusan au sud de la péninsule. Kim Jong-un le président nord-coréen revendique l'attaque...

Quand? Où? Qui ? le lendemain, une assemblée extraordinaire est organisée au siège de l'ONU (New York). Sont présents (entre autre) : Yoon Suk-yeo (président sud-Coréen), le général Pak Yong-sik (ministre de la défense nord-Coréen), Xi Jinping (président de la république populaire de Chine), Shigeru Ishiba (1er ministre japonais), Vladimir Poutine (président de la Russie), Donald Trump (président des États-Unis), Emmanuel Macron (président de la France), Keir Starmer (1er ministre britannique) et António Guterres (secrétaire général des Nations unies).

Pourquoi ? les négociations doivent permettre d'éviter le déclenchement d'un conflit régional / mondial tout en sanctionnant Kim Jong-un et le régime nord-Coréen...

=> A vous d'écrire la suite du scénario! Pour cela, aidez-vous des documents ci-dessous afin de définir les différentes échelles d'analyses et d'identifier les différents acteurs (alliances, moyens d'action, intérêts).

 

 

Doc. 1a : la géopolitique coréenne, échelle nationale.

 

Doc. 1b : la géopolitique coréenne, échelle nationale.

 

Doc. 2 : la Corée du Nord, géopolitique régionale.

 

Doc. 3 : Les relations Chine - Corée du Nord, challenge.fr, juin 2019.

 

Doc. 4 : Les relations Russie - Corée du Nord, la-croix.com, avril 2019

 

Doc. 5 : la Corée du Nord, ses missiles et leur portée théorique.

 

Doc. 6 : « Le nouveau tir de missile par la Corée du Nord n’est pas un message pour le Japon, mais pour les Etats-Unis », interview de Antoine Bondaz par Julien Lemaignen, lemonde.fr, octobre 2022.

« Le ciel du Japon était resté calme pendant plus de cinq ans. Et puis, le 4 octobre (2017), un missile tiré par la Corée du Nord, croisant très haut et très vite – à 970 kilomètres d’altitude et 20 800 km/h – est passé au-dessus de l’archipel, dans la région de Tohoku, à la pointe nord de l’île de Honshu. Il s’est ensuite abîmé dans l’océan Pacifique, hors des eaux nippones, selon le secrétaire général du gouvernement japonais, Hirokazu Matsuno, sans faire ni victime ni dégât. Deux précédents avaient eu lieu en août 2017. Pour Antoine Bondaz, chargé de recherche et directeur du « Programme Corée sur la sécurité et la diplomatie » à la Fondation pour la recherche stratégique, la banalisation de ces essais, la distraction causée par la guerre en Ukraine et la désunion au Conseil de sécurité offrent un « boulevard » au développement militaire de Pyongyang.

Comment évaluez-vous l’importance de ce tir ?

Antoine Bondaz : Il faut la relativiser. C’est le huitième essai du Hwasong-12, un missile de portée intermédiaire, qui vient de démontrer une portée de 4 600 kilomètres. C’est une arme balistique assez classique, et ce n’est pas la première fois que ce type de projectile survole le Japon. Il y a eu deux cas en août et en septembre 2017. Et depuis 1998 c’est la septième fois qu’un missile nord-coréen survole le Japon. En revanche, ce tir illustre trois dynamiques. La première, c’est la banalisation des essais balistiques. Environ 170 ont été conduits depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un, en 2012. De 1994 à 2011, Kim Jong-il n’en avait effectué que treize. La deuxième, c’est un effet de distraction causé par la guerre en Ukraine, qui occupe légitimement la plupart des chancelleries du monde entier. La troisième, la plus importante et qui marque une rupture, est la désunion de la communauté internationale au Conseil de sécurité de l’ONU, pour la première fois depuis 2006 et les premières sanctions contre le programme nucléaire de Pyongyang. Il y a eu, en mai, un projet de résolution, sur lequel la Russie et la Chine ont mis leur veto. Or, depuis 2006, à chaque essai nucléaire ou essai balistique majeur, il y avait une résolution généralement associée à des sanctions. Ces trois dynamiques ouvrent un boulevard pour la Corée du Nord.

Quel ennemi de Pyongyang est visé par ce lancement ?

Beaucoup ont parlé, à la hâte, de provocation envers le Japon. Mais quand la Corée du Nord teste un missile de longue portée à sa capacité maximale, elle est bien obligée d’aller vers le Pacifique. Les Nord-Coréens « font attention », ils survolent à des centaines de kilomètres d’altitude, bien au-dessus de la Station spatiale internationale, à l’endroit le moins problématique, le détroit de Tsugaru, où se trouvent peu d’habitants. En comparaison, quand la Chine survole Taïwan, elle le fait au-dessus de Taipei, de manière délibérée. Si les Nord-Coréens voulaient provoquer le Japon, ils le feraient au-dessus de Tokyo. Bien sûr, du point de vue japonais, ça reste un problème. Par contre, c’est un message aux Etats-Unis. Une portée de 4 600 kilomètres ne permet pas d’atteindre le continent américain, mais c’est assez pour l’île de Guam, extrêmement importante pour Washington, où les Etats-Unis ont une base qui représente leur système de défense avancée dans la région.

Les armes à longue portée sont-elles la principale menace émanant de Corée du Nord ?

On a tendance, et c’est une erreur, à réagir davantage aux missiles à longue portée qu’aux missiles à courte portée – jusqu’à 800 kilomètres –, alors que ces derniers ont fait l’objet d’une cinquantaine d’essais ces quatre dernières années. Ces armes ont démontré leur capacité de pénétration des défenses adverses. Pour faire très simple, un missile balistique, ça monte très haut ; là, ils vont lancer un missile à 50 ou 60 kilomètres d’altitude, puis casser sa trajectoire pour le faire redescendre, ce qui est très difficile à repérer pour les radars. Et ces armes ont surtout atteint une précision de quelques dizaines de mètres. Auparavant, la Corée du Nord n’avait pas cette capacité : soit elle « faisait tapis », soit elle ne faisait rien. Aujourd’hui, elle peut graduer sa réponse. Cela permet par exemple de toucher, avec des frappes limitées, des usines importantes en Corée du Sud – on pense aux trois grandes usines de semi-conducteurs de Samsung. Cela change la façon dont la Corée du Sud doit répondre. Elle veut à la fois conserver la dissuasion que représente l’arme nucléaire de son allié américain, et développer une dissuasion par des armes conventionnelles. Séoul a présenté il y a deux jours un nouveau missile balistique, le Hyunmoo-5, qui pourrait avoir une charge de 7 à 8 tonnes. C’est énorme : d’habitude, un missile balistique emporte une tonne ou une tonne et demie sur ce type de portée. Cela fait partie de ce que la Corée du Sud appelle le « KMPR », pour « Korean Massive Punishment and Retaliation » [« représailles et punition coréennes massives »]. Le message est explicite : il consiste à pallier l’asymétrie entre le Nord et le Sud, en disant « nous n’avons pas d’arme nucléaire, mais nous le compensons par des capacités conventionnelles extrêmement importantes », capables de détruire des cibles enterrées, très protégées.

Les Occidentaux scrutent les progrès de Pyongyang à la fois en ce qui concerne les bombes atomiques et en ce qui concerne les missiles qui les emportent. Ses technologies sont-elles matures dans ces deux domaines ?

Il s’agit de savoir si la Corée du Nord a des armes nucléaires suffisamment miniaturisées et fiables pour équiper des missiles qui soient également opérationnels et fiables. Il y a de fortes probabilités qu’elle puisse déjà frapper la Corée du Sud ou le Japon. La question se pose pour les Etats-Unis. On considère qu’il n’est pas impossible qu’elle puisse déjà le faire ; en tout cas, dire qu’elle ne le peut pas, c’est prendre des risques. Par ailleurs, il n’y a pas forcément besoin d’un missile : imaginez un mini-sous-marin avec une arme qui explose à l’entrée du fleuve Han, devant Séoul, ou à côté de l’aéroport.

Pourquoi ce pouvoir autoritaire a-t-il jugé nécessaire de passer par une loi, début septembre, pour réviser sa doctrine d’emploi de l’arme nucléaire ?

La loi de 2022 annule celle de 2013, en installant davantage d’ambiguïté quant aux scénarios d’utilisation. Elle dit que la Corée du Nord n’utilisera pas d’arme nucléaire contre une puissance qui n’en dispose pas, sauf en cas de « collusion » avec une puissance nucléaire. Ce cas, c’est celui de la Corée du Sud. C’est parce qu’elle a de nouvelles capacités que la Corée du Nord peut faire évoluer sa doctrine, de manière à disposer d’un éventail d’options plus large dans la gestion d’une escalade militaire, avec un niveau de dissuasion encore plus important.

Où en sont les négociations de dénucléarisation ?

Elles restent un objectif inscrit dans les résolutions du Conseil de sécurité, dans un horizon lointain. Mais aujourd’hui, on n’a plus aucune négociation. Ce qui s’est passé, historiquement, c’est qu’avant de reprendre les négociations, la Corée du Nord démontrait ses capacités. On est peut-être – c’est trop tôt pour le dire – dans une séquence où elle va multiplier les essais, y compris nucléaires, avant de potentiellement reprendre les pourparlers. Qui ne porteront pas sur la dénucléarisation en tant que telle : la Corée du Nord va essayer d’obtenir des levées de sanctions contre un gel partiel de son programme. »

 

Doc. 7 : « La Corée du Sud et les Etats-Unis effectuent des manœuvres militaires aériennes conjointes en mer Jaune », lemonde.fr, février 2023.

« La Corée du Sud et les Etats-Unis continuent de hausser le ton face à la Corée du Nord. Les deux alliés ont organisé, mercredi 1er février, des manœuvres aériennes conjointes avec notamment un bombardier stratégique américain et des avions de chasse furtifs, a fait savoir, jeudi 2 février, l’agence de presse sud-coréenne Yonhap. Les avions ont survolé la mer Jaune, située entre la péninsule coréenne et la Chine, lors des premiers exercices de ce genre cette année, a précisé l’agence, citant l’armée sud-coréenne. Cette démonstration de force intervient après que le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, et son homologue sud-coréen ont annoncé une augmentation de ces manœuvres et une coopération accrue en matière de sécurité.

Un porte-parole du ministère nord-coréen des affaires étrangères a réagi en déclarant que les Etats-Unis « vont déclencher une confrontation totale » avec Pyongyang, selon l’agence de presse nationale KCNA. « Ces exercices aériens combinés démontrent la volonté et la capacité des Etats-Unis de fournir une dissuasion étendue, forte et crédible contre les menaces nucléaires et balistiques de la Corée du Nord », a ajouté le ministère sud-coréen de la défense cité par Yonhap. Séoul veut convaincre son opinion publique, de plus en plus inquiète, de l’engagement de Washington à ses côtés, après une année au cours de laquelle la Corée du Nord s’est proclamée puissance nucléaire « irréversible » et a procédé à un nombre record d’essais de missiles.

M. Austin et le ministre sud-coréen de la défense, Lee Jong-sup, ont convenu « d’étendre et de renforcer le niveau et l’ampleur » des exercices militaires conjoints, à la lumière des « provocations continues » de Pyongyang, y compris une récente incursion de drones, ont-ils déclaré dans un communiqué. Toutes les manœuvres militaires conjointes entre les États-Unis et la Corée du Sud exaspèrent Pyongyang, qui les considère comme la répétition d’une éventuelle invasion et a souvent répondu par des menaces et des exercices de son côté. »

 

Doc. 8 : Les principales puissances militaires dans le monde, statista, 2022.

 

Rédigé par Team Histoire-Géo

Publié dans #1ère HGGSP, #jalon

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