Construire la paix : les différents modes de résolution des conflits.
Publié le 8 Septembre 2025
Construire la paix : les différents modes de résolution des conflits.
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La signature du traité de Versailles dans la Galerie des Glaces, 28 juin 1919
Consignes de travail :
=> objectif : définir et comprendre les différents modes de résolution des conflits.
- présentez brièvement le conflit. Vous pouvez pour cela vous appuyer sur les documents comme sur vos connaissances personnelles et faire si nécessaire de rapides recherches sur internet.
- relevez dans les documents les différents acteurs (et leur rôle) du traité de paix étudié.
- montrez qu'elles sont les objectifs du traité étudié ainsi que ses limites en ce qui concerne l'établissement d'une paix durable.
I - La paix imposée : l'exemple du traité de Versailles (juin 1919)
Doc. 1 : David Lloyd George, Vittorio Emanuele Orlando, Georges Clemenceau et Woodrow Wilson, le 19 janvier 1919, lors de l’ouverture de la Conférence de la Paix, à Paris.
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Doc. 2 : Le traité de Versailles (juin 1919), extraits et résumés de quelques articles.
« Article 10 : (Pacte de la Société des Nations). Les Membres de la Société s’engagent à respecter et à maintenir contre toute agression extérieure l’intégrité territoriale et l’indépendance politique présente de tous les Membres de la Société.
Article 42 : Il est interdit à l’Allemagne de maintenir ou de construire des fortifications soit sur la rive gauche du Rhin, soit sur la rive droite, à l’ouest d’une ligne tracée à 50 kilomètres à l’est de ce fleuve.
Article 43 : Sont également interdits, dans la zone définie à l’article 2, l’entretien ou le rassemblement de forces armées (…).
Article 51 : Les territoires cédés à l’Allemagne, en vertu des Préliminaires de Paix signés à Versailles le 26 février 1871 et du Traité de Francfort du 10 mai 1871, sont réintégrés dans la souveraineté française à dater de l’armistice du 11 novembre 1918.
Articles 80, 81, 87 : L’Allemagne reconnaît l’indépendance et les frontières de l’Autriche, de la Tchécoslovaquie et de la Pologne.
Article 119 : L’Allemagne renonce à ses droits sur ses possessions d’outre-mer.
Article 160 : L’armée allemande ne pourra dépasser 100 000 hommes.
Article 171 : La fabrication de tanks est interdite.
Article 173 : Tout service militaire est aboli.
Article 198 : Les forces militaires ne pourront comprendre aucune aviation.
Article 231 : Les Gouvernements alliés et associés déclarent et l’Allemagne reconnaît que l’Allemagne et ses alliés sont responsables, pour les avoir causés, de toutes les pertes et de tous les dommages subis par les Gouvernements alliés et associés et leurs nationaux en conséquence de la guerre qui leur a été imposée par l’agression de l’Allemagne et de ses alliés.
Article 232 : Les gouvernements alliés exigent (…) et l’Allemagne en prend l’engagement, que soient réparés tous les dommages causés à la population civile des alliés et à ses biens.
Article 428 : À titre de garantie (…) les territoires allemands situés à l’ouest du Rhin seront occupés par les troupes des puissances alliées pendant une période de quinze années. »
Doc. 3 : Affiche du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP, communément appelé parti nazi), 1931.
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"Gegen Versailles" : "contre Versailles"
II - La paix négociée : l'exemple de la Colombie (2016)
Doc. 1 : Le processus de paix entre FARC et gouvernement colombien (Photo Tatiana Magarinos, Gustavo Izus. AFP), in liberation.fr, le 25 aout 2016
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Doc. 2 : "Pourquoi la Colombie a voté « non » à l’accord de paix avec les FARC", in lemonde.fr, le 3 octobre 2016
"Les Colombiens ont rejeté, dimanche 2 octobre, l’accord de paix visant à clore cinquante-deux ans de conflit avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) (accord signé le 26 septembre 2016). Le « non » s’est imposé de peu lors de ce référendum, avec 50,2 % des voix contre 49,8 % en faveur du « oui ». Un résultat inattendu, qui a d’autant plus créé la surprise que ce pacte avait reçu un large soutien de la communauté internationale, et notamment de l’ONU.
Le cessez-le-feu bilatéral et définitif, observé depuis le 29 août, « reste valide et restera en vigueur », a assuré le président Juan Manuel Santos ; tandis que, Timoleon Jimenez, alias « Timochenko », le chef des FARC, a réitéré l’engagement des guérilleros « à ne faire usage que de la parole comme arme de construction de l’avenir ». Toutefois, c’est bien un échec des négociations de paix que signe ce vote, projetant la Colombie dans l’inconnu.
L’accord entendait, en effet, mettre fin à une confrontation armée aussi complexe qu’ancienne, née en 1964 d’une insurrection paysanne. Au fil des décennies, la rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires, qui compte encore 5 765 combattants, a impliqué guérillas d’extrême gauche, paramilitaires d’extrême droite et forces de l’ordre, faisant plus de 260 000 morts, 45 000 disparus et 6,9 millions de déplacés. Conclu au bout de presque quatre ans de pourparlers, sous l’égide de Cuba et de la Norvège, pays garants, ainsi que du Venezuela et du Chili, accompagnateurs, l’accord comprenait six volets :
- La fin des affrontements, avec le désarmement des guérilleros sous supervision d’une mission de l’ONU, qui a déjà vérifié la destruction de 620 kg d’explosifs. Les autorités s’étaient aussi engagées à combattre les gangs issus des milices paramilitaires.
- La sortie, sans armes, des guérilleros des zones de concentration où ils se trouvaient.
- Une réparation morale et matérielle des victimes, et une sanction pour les responsables de crimes graves. Des tribunaux spéciaux devaient être créés pour juger les guérilleros, les agents de l’Etat et les particuliers impliqués dans des exactions (enlèvements, viols, déplacements forcés, recrutement de mineurs). La plupart des ex-guérilleros devaient être amnistiés ou bénéficier de peines alternatives s’ils passaient aux aveux.
- Un minimum de cinq sièges à la chambre des députés et cinq sièges au Sénat pour les FARC, qui devaient pouvoir en emporter davantage dès les prochaines élections en 2018.
- Une réforme agraire pour la répartition des terres, l’accès au crédit et l’installation de services basiques en zones de conflit.
- La fin des cultures illicites dans les zones d’influence des FARC, notamment de coca, assortie de sources alternatives de revenus pour les paysans et d’un programme de santé publique, afin de lutter contre le narcotrafic.
Sur trois de ces points en particulier, les opposants à l’accord ont jugé le texte trop laxiste, selon Daniel Pécaut, directeur d’études à l’EHESS : « une certaine impunité, avec une justice aménagée de type transitionnelle pour les ex-FARC, l’idée d’une participation politique légale avec plusieurs sièges au Parlement et des aides financières intérimaires pour les ex-guérilleros de base. » Ce supposé « laxisme » a été vécu comme particulièrement insupportable eu égard « à l’hostilité » et même à la « fureur » que ressent une partie de la population contre les FARC, après de longues années de conflits sanglants, note M. Pécaut. (...)
Selon Daniel Pécaut, une frange de la population craint également que la pacification de la Colombie n’engage le pays sur la voie de réformes qui permettront, finalement, l’expression de revendications sociales jusqu’alors étouffées par le conflit armé. « Les paramilitaires ont assassiné des leaders sociaux, les FARC ont essayé de les instrumentaliser, il n’y a plus d’espace de revendication sociale depuis trente ans », relève le chercheur. L’élite conservatrice craindrait donc une agitation sociale sur la base des criantes inégalités de revenus et de l’extrême concentration de la propriété terrienne, que les anciens guérilleros pourraient se charger de canaliser.
La polarisation entre les partisans du « oui » et ceux du « non » traduit toutefois, avant tout, le clivage entre l’actuel président centriste, Juan Manuel Santos, qui a consacré son mandat aux négociations de paix, et l’ancien président Alvaro Uribe (2002-2010), conservateur, qui a mené une campagne farouchement opposée à l’accord de La Havane. Pour son second mandat, le président Santos s’est largement fait élire avec la promesse de faire aboutir les négociations. « Il y a dépensé toute son énergie et n’a mené aucune autre grande réforme pour le pays, se discréditant peu à peu. Sa cote de popularité est très basse, autour de 20 %, tandis que celle d’Uribe atteint 60 % », explique Daniel Pécaut. L’ancien président, dont M. Santos était pourtant le ministre de la défense, a conservé le prestige de celui qui a modernisé l’armée colombienne et mené une lutte sans merci contre les FARC, largement approuvée par l’opinion publique. (...)
L’échec de cet accord plonge finalement la Colombie « dans une impasse, estime Daniel Pécaut, avec une société divisée par un clivage dont on ne sait plus très bien ce qu’il représente, tout le monde étant partisan d’une solution négociée ». Avec la marginalisation du camp réformiste et du président Santos, et l’élection présidentielle qui se profile d’ici un an et demi, la pacification du pays semble une nouvelle fois repoussée à des horizons incertains."
Doc. 3 : Le nouvel accord de paix avec les FARC signé en Colombie, par Marie Delcas (Bogota, correspondante) (avec AFP), in lemonde.fr, le 23 novembre 2016
"L’accord de paix a été renégocié à La Havane. Les chefs guérilleros ont fait de nombreuses concessions, mais ils ont refusé de céder sur les conditions de leur participation en politique. « C’est la raison d’être de toute négociation de paix », insiste le conseiller présidentiel Sergio Jaramillo. Les « uribistes » voudraient voir les chefs guérilleros payer de lourdes peines de prison avant de pouvoir briguer un mandat.
Pendant six heures, lundi, les négociateurs du gouvernement ont tenté de convaincre le camp du refus des vertus du nouvel accord. Sans succès. Alvaro Uribe et ses alliés désapprouvent le document et exigent un nouveau référendum. « Sans consultation populaire, le nouveau texte est illégitime », considère le sénateur Alfredo Rangel. Au terme de la réunion, Alvaro Uribe a surpris en se déclarant prêt à dialoguer avec le gouvernement « et avec les FARC », ce qu’il avait refusé de faire il y a deux mois. Pour les anti-uribistes, l’ex-président fait de la politique politicienne, les yeux rivés sur la présidentielle de 2018. Une campagne qui ne facilitera pas la mise en application de l’accord remanié.
La paix se fera sans consensus de la classe politique ni de la société colombienne. Jeudi, le nouvel accord a été signé dans le théâtre Colon du centre de Bogota, au cours d’une modeste cérémonie, loin des fastes de la première signature. L’enthousiasme manque désormais à l’appel."
III - La paix par une intervention d'un acteur extérieur : l'exemple des accords de Dayton (14 décembre 1995)
Doc.1 : la guerre de Yougoslavie, 1991 - 1995 (in lhistoire.fr)
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Doc. 2 : Le contexte de l'élaboration des accords de Dayton, par Jean-Claude Lescure, in lumni.fr.
"La conférence de paix sur l'ex-Yougoslavie réunit à Paris les belligérants serbe, croate et bosniaque après de difficiles négociations menées sous l'égide du président américain Bill Clinton.
Après cinq ans de guerre, les événements se précipitent pendant l'été 1995 : les Croates mènent l'opération militaire Tempête qui, en quatre jours, leur permet de libérer la région de la Krajina, occupée par les Serbes depuis le début du conflit en 1991. Les tenants de l'idéologie Grand serbe à Belgrade sont défaits. Au même moment, le diplomate américain Richard Holbrooke propose un plan de paix, en assortissant la négociation de menaces, de promesses, de concessions et de bombardements par l'OTAN qui déclenche, fin août, l'opération Force délibérée contre les Serbes de Bosnie, finalement acculés à la table des négociations. Le président serbe Milosevic les représente et négocie à Dayton à huis clos pendant trois semaines.
Les discussions menées avec les présidents croate et bosniaque, Franjo Tudjman et Alija Izetbegovic débouchent sur un accord de paix général conclu le 21 novembre et officiellement signé au palais de l'Élysée le 14 décembre. L'accord prévoit la division de la Bosnie en deux communautés (la fédération de Bosnie-Herzégovine et la république serbe de Bosnie, la Republika Srpska) sous le contrôle de l'IFOR, troupes sous commandement de l'OTAN."
Doc. 3 : "Les grandes lignes des accords de Dayton : un pays, deux entités, trois peuples.", Le Monde avec Reuters, in lemonde.fr, le 21 novembre 2005
"Le texte de Dayton a été conclu, le 21 novembre 1995, après des semaines de négociations dans l'enceinte de la base aérienne Wright-Patterson à Dayton, Ohio, sous le patronage de l'administration du président Bill Clinton. Du côté des belligérants,les accords ont été signés par le président musulman de Bosnie, Alija Izetbegovic, le président de la Croatie, Franjo Tudjman, au nom des Croates de Bosnie, et le président serbe, Slobodan Milosevic, au nom des Serbes de Bosnie. (...)
Voici les grandes lignes de l'accord.
- La Bosnie est divisée en deux "entités" : la Fédération de Bosnie-Herzégovine, ou Fédération croato-musulmane, qui englobe 51 % du territoire, et la Republika Srpska (République serbe) sur les 49 % restants. Chaque entité est dotée de son propre Parlement, d'un président et d'un gouvernement. Les deux entités ont accepté cette année d'unifier leurs forces armées et négocient actuellement l'unification de leurs polices.
- A l'échelon supérieur, une présidence collégiale sous forme de triumvirat représente les trois "peuples constitutifs" du pays. A cette présidence s'ajoute un gouvernement central qui rassemble également des représentants des trois communautés. Une Assemblée parlementaire bicamérale (formée d'une Chambre des représentants et d'une Chambre des peuples) constitue le troisième pilier de ces institutions centrales. Dayton a également créé une banque centrale et la devise bosniaque, la marka, est liée à l'euro.
- L'autorité ultime est confiée au haut représentant de la communauté internationale, qui peut imposer des lois et limoger des officiels s'il le juge nécessaire à la préservation d'une démocratie multiethnique. Depuis 2002, c'est le Britannique Paddy Ashdown qui exerce cette fonction. Mais ce poste pourrait être aboli dans le cadre des révisions engagées au plus tôt à la fin de l'année prochaine.
Plus de 60 000 soldats sous commandement de l'OTAN ont été déployés après la signature des accords de paix, le 14 décembre 1995 à Paris, dans le cadre de l'IFOR (Force d'application), puis de la SFOR (Force de stabilisation). Leur nombre a été réduit au fil des années. L'an passé, l'OTAN a transmis le flambeau à l'Union européenne, dont l'Eufor compte actuellement 6 000 hommes."
Doc. 4 : Bosnie, le partage de Dayton (21 septembre 1995), par Philippe Rekacewicz, in monde-diplomatique.fr, janvier 1996.
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